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Johnny Depp et "Public enemies" en ouverture de la 7° édition de Paris-Cinéma

Festival du 2 au 14 juillet, sortie du film 8 juillet 2009



03 - 07
2009
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Michael Mann, Johnny Depp, Marion Cotillard

 
Grâce à un ange gardien qui m'a trouvé des invit in extremis (1000 mercis!), j'ai pu assister à l'ouverture pro* du 7° Festival Paris-Cinéma qui  avait bien des atouts pour susciter l'affluence, l'effervescence : l'équipe du film de "Public enemies" menée par Johnny Depp himself venant le présenter en avant-première hier soir à l'UCG Normandie en haut des Champs Elysées ; soit dit en passant, une des plus belles salles de la capitale, mais bondée et privée de clim, un vrai sauna où pas mal de spectateurs ont passé tout le film à s'éventer... Cependant, pour tenir le coup, sur chaque fauteuil, un petit paquet de Paul avec deux mini-sandwishes, deux petits macarons et une bouteille d'eau minérale.

Prévue pour 20h tapantes, la projection a commencé un peu en retard mais la conséquence fut surtout le raccourcissement drastique de la prestation de Johnny Depp et Marion Cotillard sur scène, ils sont passés comme des météores, étant attendus ensuite à la Cinémathèque française pour la projection de 21h de "Public enemies" organisée pour les abonnés. Il faut dire que la simple apparition de Johnny Depp, toujours tiré à quatre épingles, la mèche gominée, suscite des cris d'amour, les fans l'attendant de pied ferme massés derrière des barrières sur les Champs, et, quand il arrive enfin dans la salle, tout le monde se lève, les appareils photos crépitent, on n'y voit plus grand chose, même debout soi-même. Coup de chapeau à Marion Cotillard juchée sur des chaussures avec une sorte de boitier compensé hypertrophié d'une vingtaine de cm tenant lieu de talon, et elle a monté l'escalier mécanique avec ça! Vêtue d'une petite robe rose Jackie Kennedy comme c'est la tendance, l'actrice semble tellement américanisée dans sa manière de sourire, de marcher, de répondre superpro aux questions, qu'on est presque étonné qu'elle parle en français.

* L'ouverture de Paris-Cinéma au public se fera le 5 juillet à 20h avec le film "Bancs publics (Versailles rive droite)" de Bruno Podalydès à l'UGC Cité Bercy.


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"I love you Phillip Morris" : update de la love comedy

Cannes 2009, Quinzaine des réalisateurs, John Requa et Glenn Ficarra, sortie 9 septembre 2009



02 - 07
2009
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C'est un film qui a un peu le même culot que son héros Steven Russel, arnaqueur professionnel chronique, voire challenger de l'arnaque, tombé amoureux transi d'un codétenu rencontré en prison, le blond Phillip Morris, pour lequel il va se dépasser. Tiré d'une histoire vraie, le film raconte ce coup de foudre, un peu avant, beaucoup après. C'est sans doute le petit reproche qu'on peut faire au film, focalisé sur l'histoire d'amour entre Steven et Phillip, on passe les étapes de sa vie antérieure, pourtant piquante, au pas de course, on ralentira ensuite pas mal, car le récit vise une démonstration nette et simple : jusqu'où on peut aller par amour... (alors que Steven est un personnage complexe, risque-tout, sa rencontre avec PM amplifiant sa témérité naturelle).

Marié à Debbie, Steven Russel, père et mari exemplaire, policier modèle, démissionne de la police dans laquelle il s'était engagé uniquement pour retrouver sa mère biologique qui vient de lui claquer la porte au nez... Le couple s'installe au Texas où Steven se spécialise en arnaques à l'assurance. Un violent accident de voiture va soudain décider Steven, ensanglanté sur son brancard, à faire son coming-out et vivre son homosexualité au grand jour. Engagé dans une grande entreprise, Steven, immergé dans une escroquerie interne, finit en prison. C'est dans cet univers carcéral qu'il fait la connaissance du délicat et sensible Phillip Morris qui vit en marge des autres détenus pour éviter l'agression.

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"Casanova'70" : la libido de Marcello

Mario Monicelli, 1965, sortie DVD 22 juillet 2009



30 - 06
2009
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Les éditions Carlotta publient en juillet plusieurs DVD de comédies italiennes inédites comme "Casanova'70" de Mario Monicelli mais aussi "Hier, aujourd'hui et demain" de Vittorio De Sica et "Aujourd'hui, demain et après-demain" de Marco Ferreri. Ces trois films ont un dénominateur commun, presque deux, d'une part, la présence de Marcello Mastroiani, d'autre part, les deux derniers sont des films à sketches et le premier est construit comme un film à sketches, un genre très en vogue dans la comédie italienne des années 60/70. On retrouvera Virna Lisi dans le Monicelli et le Ferreri et Sophia Loren dans "Hier, aujourd'hui et demain" ("Leri, oggi, domani") de De Sica.

Ce Casanova de Monicelli n'en a quasiment que le nom, sauf si on pose clairement que Casanova était un impuissant en puissance, ce qui n'est pas faux des serial séducteurs en général mais ici c'est caricaturé à l'extrême... Car Andrea, militaire à l'Otan, séducteur patenté, souffre d'impuissance avec les femmes et s'en va voir un psychanalyste qui va au moins aussi mal que lui. Néanmoins, le psy détermine que seul le danger rend sa libido à Andrea. Le film est construit comme une série de sketches d'aventures d'Andrea avec une femme et un lieu différents à chaque fois.

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"Electra glide in blue" : contre "Easy rider"

James William Guercio, 1973, sortie DVD 8 juin 2009



29 - 06
2009
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Hybride entre le road-movie et le western, le film s'oppose d'entrée à "Easy rider" en montrant une scène où les flics s'entraînent en tirant sur l'affiche du film. Pourtant, bien des similitudes dans ce qu'on pourrait nommer un "contre Easy rider" y compris la fin quasiment identique... Tourné par un musicien producteur du groupe Chicago, ayant aussi composé la BO éclectique et assez superbe, ce sera l'unique film de James William Guercio.

John Wintergreen (Robert Blake), motard d'une patrouille de la police d'Arizona, se rêve en inspecteur de la brigade criminelle. Le meurtre d'un vieil homme maquillé en suicide dont lui seul repère qu'il s'agit d'un assassinat ("Le mec était mort avant de se suicider", dit le laconique médecin légiste...) va lui donner une chance. John W devient l'adjoint de Harvey, le chef névrosé de la brigade criminelle, endossant enfin la veste beige, le Stetson, le cigare.

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"Après l'océan" : épopées contemporaines

Eliane de Latour, sortie 8 juillet 2009



26 - 06
2009
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Ce qu'on attend du cinéma, pour ma part, c'est la découverte de nouveaux univers, de nouveaux réalisateurs, l'alliance de la qualité et l'émotion qui vous surprend, enfin, dans un  fauteuil de cinéma, où, parfois, on n'espérait plus grand chose... Ce qu'on attend du cinéma, c'est typiquement ce genre de films...

Il existe une avant-première spéciale du film avec un concert le jeudi 2 juillet au cinéma Max Linder!***



2 amis inséparables, Shad et Otho, ont quitté Abidjan pour faire fortune en Europe, se réaliser, et surtout revenir en héros au pays comme ces guerriers victorieux de jadis au retour d'épopées conquérantes. En Espagne, Shad et Otho conduisent un taxi pirate et se débrouillent tant bien que mal de petites combines. Malheureusement, une descente sur la plage, scène somptueusement filmée, va sonner le glas de cette expérience, de cette "aventure guerrière", Otho est reconduit à la frontière et rentre à Abidjan, la honte au front, où il est fort mal accueilli par son entourage. Shad poursuit son périple en Europe, d'abord en Angleterre où il est cuisinier, ensuite à Paris sur le bd de Strasbourg, enclave africaine de la capitale.

Otho et Shad partageaient le même rêve, à la fois le mythe du guerrier héroïque qui revient glorieux au pays, le rêve social de celui qui s'est donné les moyens de nourrir sa nombreuse famille, de collecter de l'argent pour les plus démunis restés au pays, mais aussi, plus frime, le retour en en fanfare de celui qui a réussi, présentant les signes ostentatoires de cette réussite (le téléphone portable de Shad autour du cou au retour à l'aéroport). Cette thématique du retour riche au pays qu'on avait quitté pauvre semble le moteur de beaucoup de trajectoires, comme si tous ces efforts de vie ne visaient qu'à obtenir la reconnaissance de ses pairs bien davantage que l'épanouisemment personnel, on le voit, par exemple, dans les films sur la mafia, où, seul le retour triomphant au village en Sicile, semble valider une vie, même contestable, à "devenir quelqu'un".

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"L'Anniversaire de Leila" : une journée particulière

Rashid Masharawi, sortie 22 juillet 2009



26 - 06
2009
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Afin de rentrer à l'heure pour l'anniversaire de sa fille de 7 ans, Abu Leila va vivre une journée particulière qui ne l'est pas tant que cela en Palestine où la vie quotidienne tient souvent du
parcours du combattant. En prenant pour héros un ancien juge revenu au pays  pour aider à sa reconstruction, obligé de faire le taxi avec la voiture de son beau-frère, le réalisateur pose en un seul personnage le problème de la Palestine aujourd'hui : la confrontation entre la loi, l'ordre, et le chaos imputable à l'état de guerre permanent.

Abu Leila, féru d'application des lois et de discipline, va passer sa journée en taxi à rappeler les règlements : mettre sa ceinture de sécurité, ne pas fumer dans les lieux publics, à des passagers qui s'en fichent, préoccupés par d'autres priorités. Refusant de conduire des clients aux check-points, fustigeant les jeunes gens portant des armes, passant chaque matin se plaindre au ministère de la justice en réclamant un poste de juge, Abu Leila se comporte un peu en étranger chez lui, parachuté dans un pays où il n'a pas vécu assez longtemps pour comprendre le pourquoi du comment.

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Paris-Cinéma 2009 : "Public enemies" en ouverture, "Taking Woodstock" en clôture, hommages à Léaud, Cardinale, Ceylan...

du 2 au 14 juillet 2009



23 - 06
2009
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Le festival Paris-Cinéma se profile avec son lot d'avant-premières et ses programmes spécifiques repartis dans 20 salles de cinéma éparpillées dans Paris : la compétition et les avant-premières au MK2 Bibliothèque, un hommage à Jean-Pierre Léaud au cinéma Reflet Médicis, un autre à Claudia Cardinale au cinéma L'Arlequin et au Grand Action, l'intégrale Tsaï Ming-Liang à l'auditorium du Louvre, etc... Nouveauté : les 6 nuits cinéma par genre le samedi 4 juillet, comme la nuit des geeks ou la nuit de l'animation japonaise. Nouveauté bis : la brocante cinéma semble avoir remplacé le petit salon du livre cinéma de l'année passée dans les jardins de la cinémathèque française, un rendez-vous pourtant sympa. 12 long-métrages en compétition dont le Grand prix du dernier festival du film asiatique de Deauville, le superbe "Breathless" de Yang Ik-june. Un pays à l'honneur : la Turquie avec un hommage à Nuri Bilge Ceylan. Décalage horaire : bien que le festival ouvre en privé le 2 juillet (soirée sur invitation) et que le programme soit ouvert au public dès le 3 juillet, la soirée d'ouverture destinée au public est seulement le 5 juillet...

     

Film d'ouverture sur invitation : "Public enemies" de Michael Mann à l'UGC Normandie (2 juillet, 20h)
Film d'ouverture pour le public : "Bancs publics (Versailles rive droite)" de Bruno Podalydès à l'UGC Cité Bercy (5 juillet, 20h)
Film de clôture après le palmarès : "Taking Woodstock" au MK2 Bibliothèque (13 juillet, 20h)

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"Brigt star" : la passion du verbe

Cannes 2009, compétition, Jane Campion, sortie janvier 2010



19 - 06
2009
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Avant-première de Positif au Forum des images mardi soir, dernière de la saison, en septembre, ils passeront "Le Ruban blanc", la palme d'or Cannes 2009... La salle est comble, on y voit même Jospin et son épouse s'installer in extremis, pourvu que cet homme de l'échec ne porte pas la poisse au film, me vient aussitôt à l'esprit... Beau mais plutôt chiant, dit en substance Serge Kaganski dans sa critique des "Inrocks" à propos du film... Une phrase qui revient en mémoire à la sortie de la projection... Présenté par Michel Ciment qui défend le film en s'insurgeant qu'on l'ait traité d'académique... Au passage, il nous apprend que Jane Campion a arrêté le cinéma pour élever sa fille pendant six ans, que c'est son premier film depuis "In the cut", que personnellement, j'avais beaucoup aimé. Dans "Bright star", histoire d'amour romantique entre le poète Keats et sa voisine, on est dans l'anti "In the cut", quoique le sujet soit encore la relation entre les mots et le désir...



 
Londres, 1918, la coquette Fanny Brawne, apprentie styliste, peu versée dans la littérature, n'a rien de commun avec le poète éthéré John Keats son voisin. Mal aimé, pauvre, peu considéré de son temps, le futur plus grand poète romantique anglais tire le diable par la queue, partageant son logement avec son ami Brown pas davantage nanti. Pourtant, la maladie du jeune frère de Keats va toucher Fanny, ce qui rapproche les deux jeunes gens.

Par l'entremise de la poésie, Keats et Fanny vont basculer dans une passion amoureuse addictive, s'ennivrant de mots, ceux écrits, lus, dits, c'est l'aspect le plus intéressant du film car universel, qu'on peut transposer aux histoires d'amour encore aujourd'hui, le pouvoir des mots, la naissance d'une passion à partir des mots de la passion, le pouvoir érotique du verbe. La relation entre Fanny et Keats est une construction mentale amoureuse, Keats le sait... quand il la quitte vers la fin pour aller mourir en Italie, il lui dira qu'il faut rompre ce lien imaginaire qu'ils partagent et revenir dans la réalité.

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"La Baie sanglante" ("Reazione a catena") : le giallo de référence

Mario Bava, 1971, sortie DVD et reprise en salles 24 juin 2009



18 - 06
2009
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3 DVD de Mario Bava sortent chez Carlotta le 24 juin dont deux films sont en même temps repris en copie neuve au cinéma "La Baie sanglante" et "Duel au couteau". Le premier film "Les Vampires", qui lance après la guerre le genre du giallo, est une curiosité en noir et blanc, repris par Mario Bava après le départ du réalisateur en titre Riccardo Freda, le troisième film "Duel au couteau" un western épique. Quant au second film, "La Baie sanglante", dont il sera question ici, c'est un giallo mythique, un jeu de massacre à l'arme blanche autour d'une baie et de ses terrains à bâtir qui attirent toutes les convoitises.

Une vieille comtesse paralytique est assassinée par strangulation dans sa sombre demeure, aussitôt son assassin est lui-même assassiné, mais on la déclare suicidée. Retour en arrière : propriétaire des terrains de la baie, la comtesse, ne voulant pas transformer son domaine en station balnéaire bétonnée, a toujours refusé de vendre. Ce qui ne fait pas l'affaire de l'architecte Ventura, un ambitieux sans scrupules qui ourdit alors une machination machiavélique pour prendre possession de la baie. Après la mort de la comtesse, beaucoup de gens vont arriver sur la baie se faire trucider à l'arme blanche, le film se termine quand il n'y a plus personne de vivant...


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"Fausta" ("La Teta Asustada") : la mémoire traumatique collective

Ours d'or de Berlin 2009, Claudia Llosa, sortie 17 juin 2009



17 - 06
2009
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Claudia Llosa dont c'est le second film est la nièce de l'écrivain péruvien le plus célèbre à l'international : Mario Vargas Llosa. Son film "Fausta" a obtenu, contre toute attente, l'Ours d'or à Berlin cette année. Le titre original du film, "La Teta asustada", renvoie à une maladie qui serait transmise par le lait maternel : "Le lait de la douleur". En effet, pendant  les années noires 
70/90 de guerre et violence au Pérou, de nombreuses femmes péruviennes furent violées par des soldats et auraient ensuite  transmis  à leurs filles le traumatisme de ce viol et la peur.

Le film débute par le chant off puis le portrait en gros plan d'une vieille femme agonisante psalmodiant le récit de son viol tandis qu'elle était enceinte de sa fille Fausta qui a assisté à la scène sous forme de foetus dans le ventre de sa mère. Plus tard, Fausta, ébranlée par la mort brutale de sa mère, demande à son oncle de financer son enterrement dans son village natal. Avant même d'être orpheline, Fausta, atteinte de la maladie du "Lait de la douleur", porte en elle la mémoire individuelle et collective du viol des femmes de son pays. En réaction, Fausta a bloqué la porte d'entrée de son sexe en y mettant une pomme de terre, symbole double à la fois racine et radicules se ramifiant vers l'extérieur. Engagée comme servante chez une concertiste de la haute bourgeoisie, qui l'accueille d'abord sans la voir, ses chansons en langue Quechua vont lui donner une identité et à la pianiste le retour de l'inspiration, c'est le début du processus de guérison.

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"Mad Men" saison 1 : les fêlures souterraines du rêve américain

Canal Plus, le dimanche soir...



16 - 06
2009
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J'avais laissé tomber pendant un certain temps cette rubrique CinéTV que je reprends pour cause de gavage express de séries TV en ce moment où mon moral est sur pause... Je démarre avec "Mad men" tandis que ce WE j'ai incurgité une saison entière des "Tudors", série historique un peu monolithique mais pas désagréable à regarder, dont je parlerai ensuite... Regardé aussi la saison 1 de "Dirt", série gentiment trash sans éclat recyclant la mono-expressive Courteney Cox en fin de carrière, qui marque la différence avec la qualité supérieure d'un "Mad men". Et toujours aucune nouvelle de Jack Bauer cette année... En revanche, on devrait démarrer à partir du 25 juin sur Canal Plus la saison 2 de "Damages" (parution du coffret fin aout), un must...


 
Depuis longtemps je n'avais pas été aussi scotchée par une série..."Mad men" est un cas à part, une série d'ambiance dont le réalisateur lui-même a dit que si on ne suit pas les épisodes avec concentration on peut passer à côté... Ambiance d'époque d'abord par la reconstitution minutieuse des années 60 à New York dans une agence de pub un peu avant l'élection de Kennedy quand l'agence de pub, elle, est payée à travailler à la campagne de Nixon que tous les sondages donnaient gagnant.

Un homme central, Donald Draper, un as de la pub, un séducteur patenté, beau, riche, charismatique, une femme parfaite et deux enfants, une jolie maison dans une banlieue chic. Un homme malheureux qui a tout pour être heureux. "Mad men", c'est la mise à sac discrète du rêve américain, la délicate autopsie du cauchemar climatisé, les illusions perdues des ambitieux à qui la réussite sociale et matérielle tant convoitée révèle que ça ne leur suffit pas, au contraire, mais qu'il fallait sans doute passer par le succès pour en mesurer la vanité. Des Mad men qui ont perdu leur âme, vendu, plutôt... Le générique stylisé montre un de ces Mad men tombant d'un immeuble, suicidé?

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"Demain dès l'aube" : duel à l'honneur du cinéma français

Cannes 2009, Un Certain regard, sortie 12 aout 2009



11 - 06
2009
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Le cinéma français retrouverait-il de son panache? Deux films présentés à Cannes donnent le ton : la magistral "Un Prophète" de Jacques Audiard et "Demain dès l'aube" de Denis Dercourt, où on atteint le top de la qualité : des films non auteuristes au sens où il sont tous publics avec la facture des films réservés souvent aux cinéphiles...

Après le succès mérité de "La Tourneuse de pages" du même réalisateur Denis Dercourt, je tenais beaucoup à voir "Demain dès l'aube", un film qui, comme le précédent, sortira sans tapages astucieusement au milieu du mois d'aout (12 aout), et fera sans doute le même carton. Comme le précédent film, le piano est au centre du film sans pourtant en être le sujet : après la pianiste Catherine Frot, le pianiste Vincent Perez... Mais l'analogie s'arrête là, ce point commun nous permettant de beaux moments de musique. Mathieu, un pianiste concertiste, est appelé par sa mère très malade à s'occuper de son frère cadet dont elle s'inquiète de son penchant envahissant pour les batailles historiques... Son couple flottant un peu, sa carrière décollant sans plus, sa mère en fin de vie, Mathieu décide de retourner vers les lieux de son enfance : prétendant faire un voyage au Japon, il s'arrête aux portes de Paris dans la maison de campagne familiale occupée par sa mère et son frère.

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