02 - 06
2007
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Marcelline (Valeria Bruni Tedeschi), actrice célèbre, se rend au théatre des Amandiers pour une lecture d'une pièce de Tourgueniev où une femme mariée tombe amoureuse du précepteur de son fils (Louis Garrel), "Un Mois à la campagne" qu’elle a accepté de jouer sous la direction de Denis (Mathieu Almaric), metteur en scène imbu de son génie. Mais les répétitions se passent mal… et d’ailleurs Marcelline se sent mal à peu près tout le temps.
Taraudée par l’approche de la ménopause, Marcelline se souvient qu’elle veut à tout prix un enfant mais pour cela il faudrait trouver le géniteur… Quand la gynécologue lui demande si elle connaît le futur père de son enfant, elle répond que son père à elle est mort, lapsus révélateur… Mais Marcelline est-elle plus en manque de progéniture que de tout le reste, angoissée du lever ou coucher par des problèmes existentiels?
Valeria Bruni Tedeschi

© Séverine Brigeot
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Portrait sévère et lucide, débordant d’autodérision, d’une actrice totalement névrosée passant sa vie à s’introspecter et à se plaindre, «vieille enfant» comme lui balancera sa mère un soir où elle fait un caprice, Marcelline habitant avec sa mère et sa tante, deux perruches italiennes en exil à Paris. Critique sans concession du milieu artistique avec ses faux désirs, ses amours fous d’un jour ou d’une heure, ses fantasmes pour donner vie aux personnages et cette difficulté qui en découle à faire la part des choses entre les rôles et la réalité. Critique aussi du metteur en scène tyran avec ses poses et ses lubies, ses colères et ses mesquineries, Mathieu Almaric, une fois encore, est excellentissime dans ce rôle (immense dans la colère où il fait tourner les acteurs en rond sur la scène en martelant «poitrine en avant et ventre avalé») et il va avoir bien du mal à se consacrer uniquement comme il le désire à la mise en scène en accumulant ainsi les performances d’acteur ("Le Scaphandre et le papillon"...).
Le film comporte plusieurs scènes extrêmement brillantes et très drôles dont trois sont déjà sur la BA : Marcelline trébuchant en répétition, Marcelline essayant une robe verte qu’elle refuse de porter par superstition, Marcelline et sa mère se disputant dans un lit. Entre ces scènes, peu de choses captivantes et beaucoup de musique à tue-tête, si le film avait été au niveau des quelques scènes citées plus haut et de quelques autres… VBT est convaincante quand elle se souvient qu’elle est italienne avec cette énergie, ce sens de la tragi-comédie, de la dérision, où elle excelle, mais qu’elle se dilue dans le cinéma intimiste déprimé ou qu’elle incorpore les morts et les vivants en tentant la dimension onirique (son père, son frère, Valeria Golino vers la fin du film), c’est déjà beaucoup moins drôle, on décroche… Bonne surprise cependant dans le récent paysage français...
Ecrit sur CinéManiaC/Allociné le 02/06/07
PS. décembre 2007. Pour avoir écouté une interview de VTB en promo à la télé (la pauvre, elle a bien du mal à se faire une petite place en ce moment avec l'Elysée Academy où son top model de soeur a été recrutée pour le reality show de Noël, ça occupe les médias à temps complet...), elle convient que c'est un récit autobiographique et en particulier cette pièce de théâtre aux Amandiers où elle a fait ses classes et pour laquelle elle fut à l'époque renvoyée en remplacée. Sympathique quadragénaire à la fois immature et surdouée, en proie au doute permanent, VTB pèse ses mots, réfléchit, parle de solitude, encore et toujours, de la douloureuse condition de l'être humain, dynamitant avec humour et désespoir poli que l'argent, le succès, fait le bonheur...
Note CinéManiaC :

Mots-clés : avant-Premières, cinéma actuel, cinéma français, Cannes 2007, Un Certain regard, Actrices, Valeria Tedeschi-Bruni































































