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"Agnus dei" ("Cordero de dios") : retour vers le passé

Lucia Cedron, sortie le 7 mai 2008



22 - 03
2008
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En pleine crise économique argentine, en 2002, un vétérinaire de 77 ans est enlevé à Buenos Aires. Le téléphone sonne chez sa petite fille Guillermina à qui on demande une rançon. Pour réunir l’argent, Guillermina fait appel à sa mère Teresa exilée en France depuis 1978 après la mort tragique de son mari opposant à la dictature militaire. Cette dernière débarque à Bueno Aires.

D’entrée, les relations entre la mère et la fille sont tendues. Teresa rechigne à faire des sacrifices pour payer la rançon, comme vendre la maison de famille ou demander un prêt à un ancien militaire ami de son père. Guillée, qui adore son grand-père, prête à tout pour le sauver, ne comprend pas. Son retour au pays replonge Teresa dans les traumatisants événements du passé qui l’ont fait quitter l’Argentine. De son côté, sa fille aussi se souvient de bribes de son enfance choyée avec ses parents et son grand-père qui la considérait comme une petite reine.


photo Ad Vitam
 
On a donc deux histoires en parallèle, hier et aujourd’hui. Terera années 70, jeune mère de famille, cheveux longs, tunique indienne brodée, son mari Paco et leur petite fille Guillée (Guillermina), le grand-père en visite les conjurant de déménager, de quitter cette ferme isolée pour des raisons de sécurité. Teresa aujourd’hui, le visage fermé, les cheveux courts, animée de ressentiments, qui n’a pas pardonné à son père mais pourquoi ? Petit à petit, le puzzle se reforme, les souvenirs s’emboîtent,  jusqu’à la nuit ou Teresa fut arrêtée, jetée en prison, torturée, son mari Paco, père de Guillermina, assassiné le lendemain devant  l’hôtel Residencial de Bueno Aires, une balle perdue à laquelle elle n’a jamais cru.

photo Ad Vitam

C’est un film sec avec un parti pris de gommer tous les artifices mais à ce point cette louable intention débouche sur un excès de quotidien, parfois un peu fastidieux, comme la vie… Un film aride, comme déshydraté, désincarné, le ciel bas et gris des pays chauds sans soleil, les images ternes et plombées. En revanche, ce qui est réussi, c’est l’impression d’oppression et d’angoisse pendant les années de dictature militaire, alors que chacun essaye de mener une vie normale en apparence, l’angoisse de l’arrestation est sous-jacente, chaque visite, coups à la porte, sonnerie de téléphone, est vécue comme une agression : par exemple, cette panne d’électricité suivie aussitôt par des coups redoublés contre la porte, qui fige toute l’assistance en train de dîner convivialement, soudain pétrifiée. Pourtant, paradoxalement, le présent est encore plus lourd que le passé, les souvenirs presque plus douloureux que le vécu d'alors où Teresa possédait la jeunesse et l'énergie des combattants, des résistants, rien à voir avec la morosité de sa fille au même âge, aujourd'hui, ne restent plus que les comptes à régler, voir l'(im)possible pardon... Un beau portrait de femme entre résistance et résilience, vengeance et pardon.

Lucia Cedron a dédié ce film à sa mère.
Sundance Sélection Officielle – Festival de Rotterdam 2008







 trailer de "Cordero de dios"



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