11 - 08
2008
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Laura Bartelli, strip-teaseuse au "Moonside", un cabaret minable, s'apprête à raccrocher son costume d'effeuilleuse pour refaire sa vie. Tandis que Laura (Emmanuelle Seigner) apparaît sur scène pour la dernière fois en combinaison lamé argent et perruque assortie, un homme, Marco (Philippe Torreton) l'attend au fond de la salle avec l'expression absente d'un Jacques Dutronc, petites lunettes métalliques et mèches tombant sur les yeux. En coulisses, Laura se dispute avec ses collègues de strip-tease et on comprend qu'elle connait à peine ce Marco qu'elle s'apprête à suivre et épouser.
C'est vrai que les réalisateurs, puisqu'ils sont deux! , forcent dès le début sur les symboles : Après le plan argent du cabaret, Laura Bartelli, vêtue de blanc, rejoint Marco sur le parking. Plan suivant, Laura Bartelli, vêtue de rouge, monte dans sa voiture rouge à l'appel de son destin qu'on pressent noir. Dans les minutes qui suivent, Laura a un accident et sa voiture prend feu.
| Emmanuelle Seigner ©Jean-Philippe Piter/Cinemane Films | |
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| © Pathé Distribution | Galerie complète sur AlloCiné |
6 ans plus tard, Laura et Marco vivent toujours dans la maison blanche et ont à présent un fils, Jeannot, qu'on dirait sorti de "La Classe de neige" de Claude Miller, enfant exutoire visiblement abusé et terrifié par son père. Le petit garçon manifestant des troubles du comportement en classe, l'institutrice (Yolande Moreau) s'en inquiète auprès de Laura qui va, en conséquence, consulter un médecin en ville. C'est en montrant une photo de son mari au pédiatre que Laura va enclencher la mécanique du drame. En sortant, Laura est ébranlée, pourquoi Marco lui aurait-il menti pendant toutes ces années? Laura décide d'enquêter et découvre que Marco a déjà été marié et père de famille, qu'il n'exerçait pas le métier de paysagiste autrefois...
Il a fallu deux réalisateurs, François Hanss et Arthur-Emmanuel Pierre, inconnus au bataillon, pour peaufiner ce nième Docteur Frankenstein et semer trop méthodiquement des indices tout au long du film afin qu'un spectateur attentif puisse dénouer dénouer l'intrigue, comme dans un jeu de pistes. Ainsi, la plan appuyé sur l'oiseau que Laura voit de sa chambre d'hôpital, le gros plan le coeur tatoué sur la poitrine de Marco (Philippe Torreton) "toi et moi pour toujours" ou la lettre brûlée. Ca fonctionne à peu près correctement mais les ficelles sont voyantes, les indices surlignés, les situations stéréotypées. Pour expliquer visuellement d'emblée le changement de comportement de Marco, il porte à présent les cheveux quasiment rasés d'un repris de justice et l'expression d'un dangereux cinglé plaquée sur la figure jusqu'à la fin du film.
Le film est porté davantage par les personnages que par l'atmosphère très stylisée, négligée, l'image banale malgré le jeu sur les couleurs du début. Les réalisateurs s'apppuient sur le jeu des acteurs et les grimaces de Philippe Torreton qui en fait des tonnes. Ils en rajoutent sur le fond de l'histoire, avec force de détails plus horribles les uns que les autres, le psychopathe possédant un excès de symptômes mixés de plusieurs pathologies (une aurait suffit), ce qui ôte de la crédibilité au personnage... Un forcing sur les ingrédients de départ au détriment de la forme à l'arrivée ; on se dit que ces deux-là sont sûrement plus férus de littérature que le cinéma... C'est d'ailleurs souvent le défaut du cinéma français, cette façon hyperlittéraire de traiter le sujet avec deux têtes d'affiche pour pallier la mise en scène ; des acteurs, qui, dans ces conditions, sont souvent tentés de surjouer, comme Torreton théatralisant à l'excès, ce qui n'est absolument pas le cas d'Emmanuelle Seigner formée à l'école Polanski.
Note CinéManiaC :

Mots-clés : Cinérécent, cinéma français, Corps à corps, Arthur-Emmanuel Pierre François Hanss



























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