23 - 02
2008
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"Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon"
("Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto")
Quel film incroyable et incroyablement daté, pourtant toujours d'actualité sur le fond, comme la plupart des films italiens politiques, un peu dans la lignée des films de Francesco Rosi mais avec cette folie années 70 de forcer le trait, de se permettre un peu toutes les fantaisies, la liberté, quoi... Ca donne un portrait caricaturé, outré, mais fort et saisissant, de la corruption des institutions et la de servilité de la hiérarchie administrative et policière pendant ces années de gestation des Brigades rouges en Italie.
Un commissaire de police, chargé de la brigade des homicides et à la veille d'être nommé à la tête de la section politique, s'offre le luxe d'assassiner sa maîtresse Augusta Terzi, avec qui il entretenait des jeux sado-maso, et de laisser un maximum d'indices sur les lieux du crime pour prouver qu'il est insoupçonnable.
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Les relations entre le commissaire (Gian Maria Volonté) et Augusta (Florinda Bolkan, le nom même de cette superbe actrice d'origine brésilienne, tombé dans les oubliettes, est daté) sont d’une perversité parodique, ils jouent à reconstituer des crimes atroces, elle le supplie de l’interroger, il délire sur le pouvoir de la police. Quand Augusta, bourgeoise oisive prête à tous les jeux pour tromper son ennui, nympho versatile et suicidaire, s’entiche d’un voisin plus jeune, un étudiant anarchiste, et croit pouvoir renvoyer sans ménagements ce commissaire de police auquel elle ne trouvait qu’une qualité, son titre et son pouvoir, il la tue. Pas un crime passionnel ni un crime de maniaque sexuel mais l’acte délirant d’un pervers obsédé par le pouvoir et ses prérogatives, qui entend démontrer qu’il peut transgresser la loi tout en étant au dessus de tout soupçon par son statut. Il faut voir la scène où le commissaire convoque un de ses subalternes avec le dossier de son cousin communiste sur son bureau, l’essence tragi-comique du cinéma italien fonctionne à plein régime, l’homme jure qu’il ne fréquente plus son cousin sauf pour Noël, supplie qu’on ne le change pas de service à deux ans de la retraite. Le fonctionnaire modèle montre ensuite au commissaire sur des photos agrandies les empreintes qu’on a trouvé partout dans l’appartement de la Signora Terzi : ce sont les siennes, celles du commissaire, dans la cuisine, la salle de bains, sur le téléphone, sur un verre d’apéritif, mais qui de la brigade de police n’est pas passé ce soir-là sur les lieux du crime… Insoupçonnable et insoupçonné, le commissaire multiplie les indices pour se faire accuser du meurtre, allant jusqu’à se faire dénoncer par un pauvre sbire à qui il détaille son signalement, se dénoncer lui-même…
Gian Maria Volonté en fait des tonnes à l’image de ce film satyrique grossi à la loupe déformante, sur fond de BO signée Ennio Morricone, où tout paraît à la fois énorme, grotesque et presque crédible… Une curiosité que ce film d’une période sociale et cinématographique où on ose tout. Inventif, créatif, transgressif, film miroir déformant d’une époque, à la fois sur le fond et la forme, ça vaut le détour…
site officiel Elio Petri...
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Mots-clés : cinéculte, cinéma italien, Ciné68, Enquête sur un citoyen au dessus de tout souçon, Elio Petri









































































