29 - 05
2008
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Présenté en ouverture de la section Un certain regard, ce premier film de Steve Mac Queen (homonyme de l'acteur)), vient d'obtenir la caméra d'or à Cannes la semaine dernière. D'une violence inouie, parfois insoutenable, le film raconte la grève de la faim de Bobby Sands, combattant de l'IRA, incarcéré à la prison de Maze en Irlande du nord en 1981.
Photo MK2
Dans la première partie du film, sont décrites les conditions effroyables de détention des prisonniers politiques qui ont entamé le mouvement de protestation "Blanquet and no-wash protest" ("couvertures et absence d'hygiène") pour réclamer un statut politique que le gouvernement leur refuse. Ce refus de se laver et de se vêtir les fait vivre un enfer dans des cellules crasseuses avec leurs gardiens qui les rossent. Comme ils refusent de porter l'uniforme, tel le jeune Davey Gilley qui arrive au début du film et qu'on envoie illico partager la cellule d'un homme des cavernes nommé Gerry Campbell, les prisonniers, figures christiques, sont enveloppés nus dans des couvertures, les murs des cellules tapissées d'excréments et dormant sur le sol où s'écoulent les urines.
Les gardiens de prison font preuve d'une violence extrême et sadique de bourreaux à l'égard de ces prisonniers : le gardien de prison Raymond Lohan, prototype du gardien du quartier H qu'on suit depuis le début du film, se passe les mains qu'il a gercées et ensanglantées sous l'eau froide, va chercher les prisonniers dans leurs cellules avec des gants en plastique... Après une révolte où les prisonniers détruisent des cellules neuves et des vêtements propres, le gardien Lohan, comme d'autres, sera abattu alors qu'il va rendre visite à sa mère dans une maison de retraite, le sang éclabousse alors la mère prostrée et le fils mort...
Passage à la seconde partie du film, peu bavard dans la première partie, avec un pont sous la forme d'une joute oratoire entre le leader Bobby Sands (Michael Fassbender) et le père Dominic Moran (Liam Cunnigham) à qui il annonce son intention de mener une grève de la faim, soit de mourir pour son combat politique, faute d'autres armes. La dégradation physique de Bobby Sands est alors montrée, filmée, comme s'il s'agissait d'un cours pour étudiants en médecine, on n'épargne rien au spectateur. C'est le style du réalisateur de filmer les gestes et les parties du corps longuement pour brosser l'ambiance et immerger le spectateur au plus près des souffrances, qu'il s'agissent de montrer les mains en sang du gardien Lohan trempant dans l'eau glacée du lavabo, des coups sur les corps nus qu'on projette contre les murs ou de la lente destruction du corps amaigri et couvert d'escarres de Bobby Sands. Des gestes quotidiens dont le réalisateur use et abuse, filmés au plus près, quasiment en temps réel comme des rituels inquiétants, des plaies en gros plan, des coups qui pleuvent, des corps martyrisés à la fois par les gardiens et les prisonniers eux-mêmes... Le corps enjeu, à la fois victime des maltraitances (des gardiens) et arme politique en le sacrifiant (grève de la faim).
Est-il besoin de commenter que le film est très dur, pas mal de scènes sont difficilement regardables, la salle du Reflet Médicis où j'ai vu le film hier (en reprise de la sélection Un Certain regard*, la plupart des spectateurs venaient en séance de rattrappage de Cannes, leur Pass festivalier donnant l'accès gratuit à la main) semble prostrée, fixant l'écran dans un silence de mort, muette en s'extirpant de son fauteuil...
Sélection Un Certain regard Cannes 2008
reprise intégrale du 28 mai au 3 juin 2008 au cinéma Reflet Médicis à Paris 5° (3, rue Champollion)
Le film y sera projeté également dimanche soir à 22h05.
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Mots-clés : avant-premières, CinéFestival, cinéactuel, cinéma anglais, Cannes 2008, Un certain regard 2008, Hunger, Steve mac Queen





























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