03 - 11
2007
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Bien que ce soit un film mineur du réalisateur Robert Aldrich, il a un certain charme, celui des seventies, de Catherine Deneuve jouant en anglais et d’une mélancolie sous-jacente teintant le récit d’une certaine langueur, qui finira pourtant en retour par détourner l’attention de l’intrigue déjà chichement traitée.
Il y avait pourtant de quoi concocter un thriller sur mesure avec un début de film brillant : un car d’enfants est emmené à la plage en chantant, quand soudain, le cadavre d’une jeune noyée est ramené sur le rivage. L’instant d’après, la police a convoqué au commissariat les parents de la victime dans un brouhaha de commentaires sur le match du dimanche et de radios allumées diffusant la rencontre. Le lieutenant Phil Gaines les emmène à la morgue, le père, fou de douleur le frappe quand on lui présente le corps nu de sa fille morte mais Phil passe l’éponge, c’est la première réaction d’un homme qui va prendre la défense des «nobody» tout le long du film. Les parents de la victime sont-ils «somebody» demande-t-on… Le père de Gloria, vétéran de la guerre de Corée, psychologiquement ébranlé, n’est «personne» pour réclamer une enquête sur la mort de sa fille qu’on déclare rapidement suicidée. Car, très vite, il est acquis que la jeune Gloria fréquentait un avocat véreux ayant le bras long. Elle a d’ailleurs passé sa dernière soirée vivante dans la villa du notable sur les hauteurs de Pasadena. Mais l’intrigue n’intéresse pas plus le réalisateur que le lieutenant Gaines les crimes. L’intérêt pour les obscurs, les sans-grades, occupe le devant de la scène, déportant le regard du réalisateur sur les parents de Gloria plus que sur leur fille assassinée. Justice à deux vitesses selon qu’on est «quelqu’un» ou «personne». Galerie de portraits de laissés pour compte, personnages déprimés, sans illusions : le père de Gloria, cassé par la guerre, son épouse, autrefois adultère, qui a renoncé à être jolie (scène avec le lieutenant dans un bar où elle semble se souvenir qu’elle est une femme), le lieutenant Gaynes, homme blasé, accablé par son divorce, préférant la compagnie d’une professionnelle de la séduction, Nicole, une prostituée froide et secrète dont on ignore pourquoi elle a quitté la France.
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Est-ce le plaisir de filmer Catherine Deneuve ? Le couple Phil/Nicole va prendre beaucoup de place dans ce polar sans apporter grand chose que multe scènes identiques de baisers et étreintes trop chastes… Deneuve/Nicole et son téléphone jaune racontant des salaceries polies à ses clients, Phil ne supportant plus que la femme qu’il aime se prostitue (de façon très aseptisée s’agissant de Nicole), les deux amants rêvant de la France, de l’Italie, en écoutant des disques d’Aznavour, partir... De temps en temps, on revient mollement à l’enquête, la jeune Gloria travaillait dans un club de strip-tease, se prostituait (de façon plus trash s’agissant de Gloria) et tournait des films pornos. Au lieu de chercher et de trouver un coupable qu’on a visiblement à portée de main, le réalisateur va concocter une fin en deux temps, un happy end réhabilitant la dignité du père de Gloria et la mort du héros, pour rien, par hasard, après que l’enquête soir terminée et que Phil s’apprêtait à rejoindre enfin Nicole à l’aéroport.
Le couple Burt Reynolds/Catherine Deneuve est daté, figé, le flic beau mec en costume cravate, James Bond vitaminé, et la pute de luxe en satin rose bonbon, trop clean, les cheveux platinés crêpés et collés de laque, les ongles rouge sang. L’histoire d’amour est froide, Deneuve s'applique à jouer en anglais, bonne élève, ce n’est pas loin de sonner faux. Mais, au fond, Catherine Deneuve a-t-elle jamais formé un couple de cinéma crédible, star qui ne partage pas son étoile? En 1975, il semble que le génie de Robert Aldrich dans des films comme "En Quatrième vitesse" ou "What ever happened to Baby Jane?" soit bien émoussé. A voir par curiosité pour les inconditionnels d’Aldrich ou de Deneuve.
Note CinéManiaC :

Mots-clés : cinéculte, cinéma américain, Hustle, La Cité des dangers, Robert Aldrich, Catherine Deneuve, cinéfilmnoir




























































