03 - 06
2008
-

Quand ils arrivent en ville... C'est un peu l'esprit de ce film, chorégraphié comme un ballet ou une comédie musicale, fut-elle tragique, mettant en scène une bande d'enfants et ados soldats qui font la guerre comme on joue à des jeux vidéo, une bande de rebelles ultra-violents, sanguinaires mais braves et totalement inconscients de la réalité, nourris au cinéma américain, déguisés héros de films US, la radio en bandoulière, avec leurs surnoms de BD : Johnny Mad dog, No Good advice, Butterfly, obéissant au colonnel Never die qui les manipule. Avec la drogue aussi pour se sentir invincibles et le lavage des cerveaux "le seul moment de repos, c'est la mort!"

photo TFM distribution
-----
On démarre sur la descente de la bande dans une maison entre Outrages" de De Palma et "Orange mécanique" de Kubrick : l'horreur... Comme cette robe de mariée volée après le massacre que va porter ensuite un des enfants guerriers... Johnny Mad dog va s'allier à un autre petit chef d'environ son âge (15 ou 16 ans) encore plus violent que lui et surtout insatiable de pouvoir : No Good advice, ensemble, ils formeront une sorte de commando de "dealers de la mort". Pourtant, une jeune fille, qui veut sauver son petit frère et transporter son père cul de jatte dans une brouette, va résister... dessinant une esquisse d'histoire d'amour, celle qui aurait pu avoir lieu en temps de paix entre elle et Johnny Mad dog qui l'épargne, convertie au final en une histoire de vengance...

photo TFM distribution
Film choc sur le fond et la forme, ce récit mi-documentaire mi-fiction des enfants soldats enrôlés dans les brigades de rebelles du Liberia est une douche au gant de crin! Façon "Cité de Dieu" de Fernando Mereilles ou "Tirador"' de Brillante Mendoza, le réalisateur français choisit l'immersion, le mouvement, la caméra parfois stroboscopique, voire parkisonnienne, pour traduire l'agitation, la panique, la paranoia, la défonce des combattants, ce qu'ils percoivent, entraperçoivent de leurs actes commis dans un délire de violence. Un film en transes, comme les transes dans lesquels on plonge chacun des enfants soldats avant l'attaque. L'immersion sonore aussi, le son en surégime, les hurlements comme si on y était. Le tout non sans une forte préoccupation esthétique, arrivant à l'équilibre optimal contenant, contenu : la beauté sauvage des images au service des horreurs de la guerre, de cette guerre-là... C'est peut-être le léger bémol qu'on pourrait apporter à l'impression que donne la vision de ce film : un peu trop beau, donnant parfois un léger sentiment de factice mais ne chipotons pas... Aussi beau et créatif que le sujet est violent et intolérable, produit par Mathieu Kassovitz, enfin du cinéma français qui réveille à la fois les esprits et les rétines!

photo TFM distribution
Note CinéManiaC :
Notez aussi ce film !

Mots-clés : Avant-Premières, cinéactuel, cinéma français, Cannes 2008, Un Certain regard 2008, Johnny Mad dog, Jean-Stéphane Sauvaire


































































