23 - 04
2008
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Trois jours de tournage pour le récit de trois jours au bord de la mer, pas n’importe quels jours mais le WE de Pâques du vendredi saint au dimanche. Film hybride entre fiction et documentaire, fiction sur le fond mais un fond à rechercher au moment du tournage… Documentaire sur la manière de suivre au plus près les acteurs à qui on a demandé d’improviser des personnages à partir d’un maigre scénario de douze pages.
L’objectif est de faire sortir les acteurs de leur jeu qui au bout de quelques heures d’improvisation vont donner de plus en plus d’eux-mêmes, mais ça va plus loin, : le réalisateur chilien espère ainsi capter l’inconscient de l’âme du Chili pour parler des problèmes de son pays autrement qu’en en racontant les grands événements. Ainsi, le film trempe comme tout le Chili dans la religion. Le réalisateur fera son film au montage, il y passera un an à scanner plus de 80 heures de rushes.

photo Epicentre films
Un jeune architecte qui se revendique de Gaudi (titre du film) et de sa liberté, fils d’un architecte beaucoup plus traditionnel, invite sa nouvelle fiancée, comédienne, à venir passer chez ses parents le WE de Pâques. Sur le modèle souvent décliné de "Théorème" de Pasolini, l’irruption de cette femme libre et provocatrice, athée de surcroît, va, tel un ange pervers exterminateur de certitudes, faire exploser les principes moraux et religieux de cette famille bourgeoise et sa façade de respectabilité. Sexe, drogue, adultère, le potentiel érotique forcené de l’étrangère au groupe va pulvériser famille et religion.
Dès le départ, le parti pris est de tant coller aux personnages, de tant vouloir saisir, voler l’instant, que la caméra semble ivre, ce qui est assez pénible à regarder. Par ailleurs, le film est bavard, ivre d’images et de mots. Film cru, les situations explosent à l’écran sans pudeur, les masques tombent, les protagonistes sont violés par leurs propres pulsions. Au loin, le bord de mer donne un vague idée de ce qui aurait pu être un moment en communion avec la nature à laquelle on tourne le plus souvent le dos. Film claustrophobique en plein air ou dans la maison de vacances, l’action enfermée par la caméra.

photo Epicentre films
Au final, c’est un film concept, un film expérimental, très novateur, trop sans doute, le projet de cinéma phagocytant le résultat à l’écran mais c’est le nouveau cinéma Chilien sans tabous, un cinéma qui dérange, interpelle, choque, un cinéma en construction qui s’éveille et ça vaut la peine de le regarder en attendant la suite... Pour cinéphiles avertis, donc !
DVD Epicentre films éditions. En bonus, un entretien avec le réalisateur. VOST. Sortie le 28 avril 2008.
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Mots-clés : CinDVD, cinéactuel, cinéma chilien, La Sagrada Familia, Sebastian Campos

























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