11 - 04
2008
-

Le cinéma français bouge, une nouvelle génération explore le film de genre, plus ou moins revisité, relooké, trahi quelquefois mais qu’importe, on sort enfin des récits narcissiques introspectifs. Plus ou moins. Car cette tentative d’exploiter le film de genre pour raconter une histoire d’amour (apparemment d’inspiration autobiographique) donne une impression d’un grand écart entre l’intimisme et le fantastique. Et les inserts de plages colorées à l’image du générique du début, ressemblant un peu à un mélange kaléidoscopique de couleurs ou encore à une image jaune éblouissante assez insupportable à regarder (faisant sans doute allusion à la lumière blanche de la vie après la mort telle qu’on la décrit, par exemple, dans le boudhisme ou chez les gens revenus d’un coma), ces quelques inserts prenant tout l’écran dérangent, rappelant soudain au spectateur qu’il sorte de ses certitudes si toutefois il en avait acquises... Car on est dans le film zapping, le film ouvert, le film qu’on fait soi-même où le spectateur est aussi scénariste à temps partiel, de cette histoire d’amour entre Emma et François, on pourra en faire un peu ce qu’on veut : un rêve ou une réalité, une bonne ou une mauvaise nouvelle, etc...
-----
Ses vacances terminées, François s’apprête à prendre un avion de Bordeaux pour Paris quand il rencontre Emma à l’aéroport. Coup de foudre, il rebrousse chemin et vit cinq jours d’amour fou avec Emma. Le film fait le va et vient entre l’aéroport et les cinq jours de bonheur, puis, un soir, François disparaît… Mais auparavant, il a fait un cauchemar avec les fameux inserts lumineux qui emmènent sa silhouette noire dans une sorte d’enfer, Emma s’est réveillée aussi dans la nuit, craignant qu’un étranger se soit introduit dans la maison… De retour à Paris, Emma qui travaille dans une agence immobilière, prend contact avec Michel, le frère de François qu’elle a croisé à Bordeaux quand ce dernier a disparu, il lui apprend que son François avait terminé ses vacances avec eux, qu'il n'avait aucune raison de revenir sur Bordeaux, enfin, qu’il habite à Rome où il travaille dans un institut de recherches, de tout ça, Emma ne savait rien, même pas le nom de famille de son amoureux… Mais Michel cède lui aussi à la séduction d’Emma en l’aidant à rechercher François à Rome… Sur point de subir le même sort que son frère, Michel se liquéfie, devient un personnage translucide, ectoplasmique, un mort-vivant (ou plutôt un disparu semi-présent) qui ne devra son salut qu’à l’intervention de son épouse…
-----
Ses vacances terminées, François s’apprête à prendre un avion de Bordeaux pour Paris quand il rencontre Emma à l’aéroport. Coup de foudre, il rebrousse chemin et vit cinq jours d’amour fou avec Emma. Le film fait le va et vient entre l’aéroport et les cinq jours de bonheur, puis, un soir, François disparaît… Mais auparavant, il a fait un cauchemar avec les fameux inserts lumineux qui emmènent sa silhouette noire dans une sorte d’enfer, Emma s’est réveillée aussi dans la nuit, craignant qu’un étranger se soit introduit dans la maison… De retour à Paris, Emma qui travaille dans une agence immobilière, prend contact avec Michel, le frère de François qu’elle a croisé à Bordeaux quand ce dernier a disparu, il lui apprend que son François avait terminé ses vacances avec eux, qu'il n'avait aucune raison de revenir sur Bordeaux, enfin, qu’il habite à Rome où il travaille dans un institut de recherches, de tout ça, Emma ne savait rien, même pas le nom de famille de son amoureux… Mais Michel cède lui aussi à la séduction d’Emma en l’aidant à rechercher François à Rome… Sur point de subir le même sort que son frère, Michel se liquéfie, devient un personnage translucide, ectoplasmique, un mort-vivant (ou plutôt un disparu semi-présent) qui ne devra son salut qu’à l’intervention de son épouse…
Le parti pris est ostensible : d’Emma, la femme fatale, on ne saura rien, elle n’a ni famille ni amis ni passé et perdra son boulot qui l’assomme. De François, on ne saura vraiment que ce qui va alimenter l’énergie du film : sa carrière scientifique, son étude de l’entropie, qui, en en rajoutant un peu va faire basculer la science dans le fantastique, ce point limite où le scientifique ne sait pas, contraint à émettre les hypothèses les plus farfelues. François, dès la rencontre à l’aéroport, parle à Emma de ses réflexions sur l’entropie comme de l’étude du «trou noir», la métaphore sexuelle est patente, et d’ici à en déduire que le réalisateur pense que la relation amoureuse ne peut aller qu'en empirant (dans un mouvement de dispersion sans fin)… Pire, la femme est une mante religieuse qui s’ignore, car Emma, femme fatale, femme létale, malgré elle, nuisible aux hommes qu’elle fréquente, s’étonne de la disparition des hommes qu’elle a séduit, ne se connaissant pas elle-même. En ôtant tout CV au personnage d’Emma, le réalisateur se focalise sur la dimension castratrice de la femme dévoreuse d’hommes. L’amour, du moins celui qu’on porte aux femmes du genre d’Emma, dissout, disperse, désagrège l’amoureux au point qu’il disparaît, tel l’homme bicéphale, les deux frères, François et Michel, présentés dès le départ comme des futures victimes, de la chair à mantes religieuses...
Cependant, la fin ouverte, comme une porte enfin déverrouillée, est sans doute la possibilité d’une autre femme, d’un autre type de femme… Un film plus romantique que fantastique, une histoire d’amour qu’on répare avec le cinéma. Le couple Gaspard Ulliel et Clémence Poesy (coucou au blog Voisin-Blogueur!!!) est-il trop beau pour être vrai ? Ce rafraîchissement du casting est une excellente chose avec une mention spéciale pour un acteur moins connu, sociétaire de la comédie française, qu’on découvre ici, Eric Ruf, très talentueux. Malgré ses lenteurs et sa synthèse approximative de l’histoire d’amour intimiste et du film fantastique, le film plaira sans doute à cause de la démarche novatrice et de son interprétation, quant aux images oniriques surcolorées insérées de temps en temps qui font partie de l'entreprise de rajeunissement du récit, personnellement, je me serais passée de ce gadget…
Note CinéManiaC :
Notez aussi ce film !

Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma français, La Troisième partie du monde, Eric Forestier





























































Commentaires
Lol tu es décidément trop forte , je vois que tu commences à cerner mes attentes cinéma ^^ J'attends avec impatience ce film, je le sens bien, surtout après cette critique encourageante.
Faut que je me remette a bloguer moi haaaa
Jonathan - 11.04.08 à 16:53 - # - Répondre -