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"Le 7° Juré" : au dessus de tout soupçon

Georges Lautner, 1962



30 - 01
2009
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Pitch.
Un notable, juré au procès de l'homme injustement accusé d'un crime qu'il a lui-même commis, va tout tenter pour le faire acquitter. Malheureusement, la ville préfère le faux coupable au vrai coupable...
 

Pourquoi le pharmacien Duval, homme au dessus de tout soupçon, partenaire de bridge des notables de la ville, s'acharne-t-il lors de son procès à faire innocenter le bellâtre Sautral qu'on accuse d'avoir étranglé sa compagne, une demi-prostituée qui l'entretenait? D'abord, parce que l'ironie du sort a voulu que Duval soit choisi comme juré du procès, ensuite, parce, l'ayant lui-même étranglé dans un moment d'égarement pour la faire taire quand elle se refusait à lui, le respectable pharmacien ne sait plus comment sortir d'une culpabilité qui le ronge...


Petit à petit, le personnage de Duval évolue, au début, il voudrait bien sauver sa peau, ensuite, il ne veut pas faire condamner un innocent à sa place, puis, chemin faisant, alors qu'il a réussi à faire innocenter Sautral au tribunal, cela ne lui suffit plus. Soudain réveillé de l'anesthésie de sa vie vide de sens, non seulement  Duval veut aider Sautral, acquité mais montré du doigt comme un assassin remis par erreur en liberté par sa faute, mais il veut être reconnu coupable,  mieux, reconnu comme un homme capable d'avoir désiré une jeune femme. Une femme désirable qui lui rappelle une fille du même âge qu'il n'a pas osé aimer dans sa jeunesse. La morale du film est ambigüe : Duval est embarqué en ambulance alors qu'il sortait se livrer à la police, son épouse préférant le faire enfermer dans un hôpital psychiatrique que de compromettre l'avenir de la pharmacie. Mais Duval enfermé, "cette prison ou une autre", comme il le dit lui-même, sera sans doute plus libre dans sa tête que le pharmacien Duval derrière son comptoir ou faisant le quatrième au bridge avec ses pairs...



 
Le réalisateur Georges Lautner n'a pas toujours fait des films parodiques et légers, il a commis d'autres films qu'on a oubliés comme "La Route de Salina", par exemple, dans les années 70, polar hippie culte mais introuvable. Avec "Le 7° Juré" Lautner  livre un film dans la tradition du film noir français des années 50/60 avec une analyse incroyablement sombre de la bourgeoisie de province. Non seulement, personne ne va soupçonner Duval, ni le commissaire de police, ni le procureur, ni aucun de ses semblables du milieu conservateur bien-pensant auquel il appartient, mais, pire, personne ne veut qu'il soit coupable et surtout pas son épouse Geneviève qui voyait en lui un futur député... Bernard Blier est franchement génial dans ce rôle d'un homme se réveillant d'une existence mortelle en commettant un meurtre, le visage et le regard tellement expressifs transmettant les tempêtes morales et les conflits qui le dévastent. Au casting également, du beau monde, Maurice Biraud, Francis Blanche, Danielle Delorme, etc...

Tourné en 1962, filmé en noir et blanc, jouant avec les ombres et les clair-obscurs, sur la voix off de Blier racontant son parcours mental, le procès n'est pas celui de Sautral (occupant une partie du film) mais un réquisitoire noir c'est noir contre l'hypocrisie bourgeoise et les préjugés d'une certaine élite provinciale bornée et réac pour qui l'assassin doit avoir le profil d'un assassin et payer au passage pour son absence de moralité (Sautral se fait entretenir par des femmes) et pas celui d'un  notable comme eux, ce qui entacherait la respectabilité de l'entité bourgeoise dans son ensemble.
Programmé à 0h35 sur le câble, pour insomniaques, bien évidemment... ce film gagne à être (re)connu, une période du cinéma français riche en bonnes surprises.

CinéCinéma Classic

rediff : vendredi 30 janvier 2009/22h.
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La vérité,rien que la vérité,toute la vérité

Film remarquable,d'une qualité française qu'il ne faut pas toujours négliger.

Eeguab - 04.08.10 à 19:40 - # - Répondre -

Re: La vérité,rien que la vérité,toute la vérité

Oui, d'une part, le film noir français peut recéler des petits trésors, d'autre part, Lautner est sous-estimé. On a tout intérêt à se pencher sur les années 50 du cinéma français (ici début 60). Revu l'autre jour l'excellent "La Vérité sur Bébe Donge" de Decoin, par exemple.

vierasouto - 05.08.10 à 05:40 - # - Répondre -

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