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"Cassandra's dream" ("Le Rêve de Cassandre") : inflation du prix de l'ascenseur social

Woody Allen, 2007



01 - 11
2007
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Deux frères, Terry et Ian, décident de s’acheter un voilier, le "Cassandra's dream", pour lequel ils ne possèdent pas le premier sou. Leur mère faisant depuis toujours planer le mirage de l’oncle Howard, son frère milliardaire, comme une manne providentielle, les deux frères empruntent l’argent pour le bateau tout en espérant un chèque de dépannage de l’oncle. Terry (Colin Farrell), employé dans un garage et joueur invétéré, est bientôt criblé de dettes. Ian (Ewan Mc Gregor), plus doué intellectuellement, contraint d’aider son père au restaurant familial, rêve d’un destin d'homme d'affaires comme son oncle.



Colin Farrell et Ewan McGregor
© TFM Distribution Galerie complète sur AlloCiné

 


Une jeune femme, dont Ian tombe amoureux, va précipiter le cours des événements, jeune actrice dévorée d’ambition qu’il faut éblouir avec les voitures du garage de Terry, par exemple. Ian se met en tête de l’emmener faire carrière à Hollywood d’autant que l’oncle Howard y a fait fortune avec des cliniques de chirurgie esthétique et joue au golf avec des producteurs.


De passage à Londres, l’oncle Howard, installé dans un palace où se presse la famille pour lui souhaiter la bienvenue, sa sœur ébahie, éblouie, servile, est d’accord pour aider ses deux neveux en échange d’un petit service : il faudrait tuer un collaborateur bavard qui en sait trop long sur ses affaires véreuses. D’ailleurs, on n’a pas le choix, si l’oncle va en prison, qui payera leurs dettes?

Le film marie deux genres : la tragédie grecque avec l’inéluctable d’une situation où nul ne semble pouvoir faire autrement que d’aller en enfer et d’y emmener les autres et le drame psychologique bien que ça n’apparaisse pas à première vue. Car les deux frères tiennent leur faiblesse et leur inconscience directement du conditionnement maternel. Le comportement monstrueux de la mère, qui humilie son mari chaque jour de l’année parce qu’il ne gagne pas assez d’argent en lui opposant son frère plein aux as, assimilé à, l’homme idéal, va façonner par ricochet ses deux enfants en adultes assistés irresponsables à qui on a laissé entendre toute leur vie que l’argent tomberait du ciel de l’oncle Howard en cas de pépin. Enfin, le thème du prix à payer pour accéder à la promotion sociale dans un Londres middle class est dans la lignée encore noircie de "Match point" (premier film de la trilogie anglaise avec "Scoop" et "Cassandra's dream").

Bien que le film soit d’une exceptionnelle noirceur, le facteur humain va sauver in extremis les âmes des deux frères à défaut de leurs corps. On a comparé la fin à "Plein soleil" de René Clément mais c’est vu du quai où Woody Allen, en proie à la phobie de l’eau, a filmé de loin les scènes… Si le film n’était pas signé Woody Allen, nul n’y reconnaîtrait sa signature, un film sec au plus près du réel et sans le moindre apprêt, quand tout justifie tout, il faut avoir l’estomac pour tuer de sang-froid, au delà du bien et du mal…



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C'est vrai que le ton (très noir) du film est assez surprenant. Je le trouve très
intéressant même s'il m'a un peu déçu comparé à Match point et Scoop. En fait,
je trouve qu'une fois l'acte accompli (tu vois de quoi je veux parler), le film se dégonfle
un peu et que Woody Allen fait passer dans les dialogues son propos et non plus
dans la mise en scène. Ca devient alors plus schématique et moins inspiré que dans
la première partie (excellente) du film.
Mais bon, difficile aussi de faire la fine bouche devant l'intelligence et la profondeur
du cinéaste...

Dr Orlof - 01.11.07 à 11:09 - # - Répondre -

le pb du bavardage...

En ce qui concerne les dialogues, je suis tout à fait d'accord, j'ai trouvé le film trop bavard (même si ça n'a rien a voir avec le bavardage Allenien) par rapport à l'ambiance générale, mais pas seulement à la fin, ça m'a gênée depuis le début, c'est le bémol du film. Je n'ai pas vu "Scoop" mais si "Match point" était plus brillant, personnellement, il m'a moins touchée car un peu sophistiqué.

vierasouto - 01.11.07 à 11:42 - # - Répondre -

Très bon Allen très noir, pas drôle et avec deux très bons comédiens. A la hauteur de Matchpoint.

dasola - 06.11.07 à 15:05 - # - Répondre -

Re:

Bonjour! Je crois qu'on est d'accord, ce Woody Allen est une excellente surprise, pas drôle, pas spécialement le Woody Allen de l'année, il prouve qu'il est un grand réalisateur quelque soit le style du film. Je m'étais un peu lassée mais ça me donne envie de le suivre à nouveau.

vierasouto - 09.11.07 à 04:13 - # - Répondre -

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