05 - 08
2007
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On pouvait espérer beaucoup d’un film avec un tel sujet : la réalité du cinéma en URSS sous Staline et la vie des protagonistes sous un régime totalitaire. Mais le sujet est tellement dilué dans 2h30 de film avec un flash-back de plus de 2h… qu’il perd très nettement de sa virulence et de son intérêt...
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Un couple très âgé d’anciens acteurs du cinéma, un réalisateur et son épouse, stars de l’époque Staline, voient leur maison encerclée par les journalistes à l’occasion d’une rétrospective télé dont ils ignoraient l’existence. Paniqués, leur premier réflexe est de fuir, comme autrefois…
Retour aux années 30. Débarquent des USA, après deux années de tournée à l’étranger, un réalisateur de génie, Mansourov (sosie d'Eisenstein), reconnu dans le monde entier, et son jeune amant, Konstantin Dalmatov (sans doute le cinéaste Alexandrov dans la réalité), assistant sur ses films.
Sur le point de se lancer lui aussi dans la réalisation, Konstantin Dalmatov, se voit refuser l’accès au studio s’il ne collabore pas avec le pouvoir en place. On lui reproche notamment sa liaison, qualifiée d’immorale, avec Mansourov. Poussé par son mentor revenu en Russie uniquement pour le suivre, Konstantin signe… Peu de temps après, Mansourov meurt dans des circonstances étranges, sans doute empoisonné par la peinture de son appartement fraîchement rénové.

S’en suivent les années de gloire pour Konstantin Dalmatov qui fabrique des comédies musicales faisant l’apologie du régime, du métro, de Moscou, etc… Dans l’intervalle, Konstantin a épousé la débutante de son premier casting, Lidia Poliakova, dont il a fait une star. Un mariage blanc que le réalisateur traite de loin ou pas vraiment, d’ailleurs, dommage…
Les relations entres les personnages et les personnages eux-mêmes, hormis Dalmatov et Mansourov, ne sonnent pas toujours juste. La scène de l’avortement clandestin où Lidia mord une serviette de ses lèvres carminées pour réprimer des cris de douleur chez une faiseuse d’anges et qu’on retrouve physiquement intacte en culotte de soie blanche et sa robe rose nickel le soir même dans son appartement (bien que saoule), n’est pas crédible, par exemple. Les relations du couple Konstantin et Lidia, qu'on devine plus ambigües qu'il n'y paraît, sont aseptisées, survolées, une scène et le réalisateur zappe…. Le personnage du scénariste est intéressant, blasé et lucide, ayant appris à dissimuler toute émotion, il fait fonction de narrateur du récit, malheureusement, il ne trouve pas son insertion dans le film, n'apparaissant qu'à mi-film et bien isolé, demeurant le seul vrai personnage secondaire, les autres étant assez stylisés (la script, le directeur de la photo, la secrétaire)

En revanche, le point positif est la réussite des scènes de comédies musicales du Hollywood rouge qu’on montre longuement à l’écran. Les abus, les excès et les crimes, les dissimulations, les dénonciations, les privilèges des uns (attribution d'appartements et de datchas par le régime à quelques uns) et les mises au rebut des autres, sont clairement dénoncés. L’ambiance parano et suspicieuse, psychologiquement invivable, est présente (les coups de téléphone de surveillance permanents sont assez parlants...), mais pas assez réaliste cependant (si on pense à la force de la Palme d’or 2007 "4 Mois 3 Semaines et 2 Jours"…).

C’est un film à mission multiple de dénoncer à la fois l’assassinat du cinéma russe en URSS sous Staline (le film d’Eisenstein interdit) mais aussi l’oppression généralisée. Dans ces conditions, faute d’un objectif unique fort, tout cela est abordé mais rien n’est vraiment creusé. Le film, paradoxalement à sa volonté de briser le silence, n’est pas moderne, et même d’une texture assez démodée parfois, filmé avec des réticences et des pudeurs d’autrefois tout en essayant de dénoncer l’intolérable. De surcroît, les acteurs, hormis Sergueï Tsyss qui ressemble un peu à Adrien Brody, ne sont pas inoubliables… l’actrice principale est même quelquefois franchement mauvaise (scènes de colère…). La fin est bâclée… mais on n’est pas mécontent de voir le générique de fin…
Comme le film a eu le Grand Prix et le prix du scénario du festival du cinéma russe de Honfleur, on a peut-être avantage à regarder d’abord les films antérieurs du réalisateur Igor Minaev dont "L'Innondation" (1993) avec Isabelle Huppert. Je tiens à préciser que les spectateurs présents à la projection de l’Arlequin avaient pour la plupart vu beaucoup de films de la rétrospective russe durant 15 jours, ce qui n’est pas mon cas, aussi, ils ont peut-être eu un point de vue plus indulgent que le mien en regardant ce film dans la continuité des précédents, embrassant un ensemble.
réalisateur : Igor Minaev
acteurs : Sergueï Tsyss (Konstantin Dalmatov) et Youlia Svejakova (Lidia Poliakova)
musique : Vadim Cher
Lire, en avis contraire, la critique sur le site www.kinoglaz.fr...
Ce film est disponible sur internet en VOD avant sa sortie en salles en novembre 2007*...
Note CinéManiaC :

Mots-clés : avant-premières, cinéactuel, cinéma russe, Loin de Sunset boulevard, Igor Minaev































































Commentaires
Loin de Sunset Boulevard
Loin de Sunset Boulevard
Au début du film, j'étais inquiète : 2 h 20 de films... Et puis, je suis rentrée immédiatement dans l'histoire, et n'ai rien vu passé.
Le réalisateur a puisé son inspiration dans les histoires de Eisenstein et Aleksandrov, tous deux réalisateurs de films, ayant du et su exprimer leur art, malgré la dureté du régime de l'époque.
Nous sommes donc entrainés dans les coulisses de cette russie "Hollywood Rouge", sur fond de comédie musicale.
A savoir :
- Loin de Sunset Boulevard a reçu, au festival de Honfleur en 2006, le prix du meilleur scénario et le grand prix du jury, et à Park City, le prix de la musique.
- Loin de Sunset Boulevard est visible actuellement en VOD sur www.7hls.com jusqu'à sa sortie salle. Après : respect de la chronologie des médias, aussi il faudra attendre, à compter du 7 mai 2008, quelques semaines pour le retrouver en VOD sur ce site.
Voilà !IVAL - 10.04.08 à 16:58 - # - Répondre -