Google

Avant-Premières



Festivals






CinéCulte



CinéFilmNoir



CinEvénement



CinéDVD



CinéWestern



CinéZ



CinéSeanPenn



RSS Bouton

http://www.wikio.fr

http://www.coteblog.com

paperblog member

 


RSS 2.0
RSS Commentaires

A la une

mercredi 14 mai 2008

événements Cinéma


du 7 au 27 mai 2008



du 14 au 25 mai 2008
www.cinemaniacannes.fr



espace pub

 

Votre publicité ici ?



CinéActuel

CinEvénement

CinéDVD

CinéRécent

Pub Af3


pub TDd

exception Planches

exception Livres

CinéDécouverte

CinéVirtuel

annonces




Wikio - Top des blogs - Cinema

Powered by  MyPagerank.Net

DVD



Annuaire TV


CinemaniaC
ajouter CinéManiaC
à son blog!

Mario Monicelli : Masterclass à la Cinémathèque française

Paris, samedi 22 mars 2008, Rétrospective Monicelli 19 mars 19 mai 2008



24 - 03
2008
Version imprimable -Commenter l'article


Mario Monicelli à la cinémathèque samedi 22 mars 2008


Masterclass cinéma en ce samedi pascal à la cinémathèque française, drôle de choix de date quand la moitié de la France s'agglutine dans les bouchons sur les routes pour quitter le navire sous prétexte d’une fête religieuse dont la plupart ignore tout, et l'autre moitié répond à l’appel de la pub événementielle pour acheter et manger encore et encore, après les agapes de Noël, les galettes de l'épiphanie et les cœurs de la Saint Valentin, voilà les œufs, les poissons, les poules de Pâques en chocolat… La fracture diététique… ceux qui n’ont rien, pas même un puits d’eau potable à 20km à la ronde, et ceux repus, gavés, jamais rassasiés de superflu, d’inutile, qui s’offriront même le luxe de se mettre au régime dès mardi matin…

Cependant, la salle était pleine, pas mal d'italiens qui demanderont à Mario Monicelli de poursuivre en italien (dernier tiers de la rencontre) alors qu'il parle remarquablement bien français. Mais c'est tellement plus mélodique de l'entendre en italien où il accélère... Dans une époque où les personnes âgées sont souvent mises au rebut, cette rencontre avec un homme de 82 ans qui transmet son savoir et son expérience avec tant de générosité et d'humour a été un moment touchant et captivant, revigorant...


-----

Deux films, deux époques, deux tons en prise avec l’actualité sociale

On va passer deux extraits de films fort bien choisis, deux dates, deux états des lieux, deux états d’esprit, qui démontrent combien la (tragi) comédie italienne de MM est en prise avec l’actualité sociale et économique. D’abord un extrait de (la fin du film)
"Le Pigeon"(I Soliti ignoto") (1958) : quatre caves vont tenter un casse minable qui tournera à la catastrophe, quatre individus rendus grotesques par la situation et leurs réactions. Ensuite on passera un extrait (toujours la fin du film) d’un film des années 70 "Un Bourgeois tout petit petit" ("Un borghese piccolo piccolo") (1977) avec Alberto Sordi. Si dans « Le Pigeon » tourné en noir et blanc, la bonne humeur prédomine malgré l’enchaînement des catastrophes, dans le second film, Alberto Sordi, cheveux blancs, expression désespérée d’un individu démoli par la vie, est un homme au bout du rouleau, tourné en couleurs, le ciel sombre, la musique tragique, la fin est ouverte sur les plus sombres perspectives.

    
"Le Pigeon" (1958) et "La Grande guerre" (1959) : deux succès populaires de Mario Monicelli

Deux films, deux périodes, MM explique qu’à l’époque du «Pigeon», on est dans les années qui vont aboutir au miracle économique italien, 20 ans de reconstruction d’un pays détruit après la seconde guerre mondiale. Pourtant, en deux mots, les gens sont enthousiastes et plein d’espoir, même si ils ne mangent pas toujours à leur faim, la guerre est finie leur donne un sentiment de liberté, on note même une solidarité entre les classes sociales. Paradoxalement, dans les années 70, les conflits démarrent avec la nouvelle génération confrontée au marché, la concurrence, les affaires, la corruption… Alberto Sordi représente cet homme italien moyen symbole de ce changement. Dans «Un Bourgeois tout petit petit», les employés du ministère semblent sympathiques mais qu’un d’eux disparaisse et les autres rêvent de prendre sa place…


trailer du film "Un Bourgeois petit petit"


La comédie italienne, les ressorts, la critique, Toto

La comédie italienne a des ressorts tragiques et ne débouche jamais sur un happy end, au contraire. La comédie italienne raconte une faillite, une catastrophe traitée sur un mode burlesque. Quand un film comme le «Pigeon» sort en Italie, c’est un succès populaire, il faudra attendre certains critiques français de Positif et des Cahiers du cinéma pour donne ses lettres de noblesse à la comédie italienne. «c’est comme ça que je suis ici aujourd’hui à la cinémathèque» dit malicieusement MM !

La comédie italienne décrit la réalité sociale et économique : dans son premier film "Toto cherche un appartement" ("Totò cerca casa"), MM met en scène une famille sans maison  qui cherche un toit
après la guerre. Une situation tragique traitée comme une farce. Le fond tragique, c’est la base de la comédie italienn,e l’ironie est plus percutante que le drame, comme le dit MM «L’ironie est un bistouri».

Toto était un acteur populaire qui représentait le théâtre napolitain, l’Italie du sud, la commedia dell arte. Tel Polichinelle, c’était une figure comique avec un masque un peu inquiétant (presque mortuaire) comme un fantôme. Toto avait quelque chose de morbide en plus du comique, hors, la mort est un un grand matériau de comédie aussi en Italie, ailleurs, c’est autre chose…

MM a souvent engagé les acteurs en contre-emploi, ça démarre donc avec Vittorio Gassman dans «Le Pigeon», il aime «inventer» des acteurs, changer, expérimenter, s’amuser avec les acteurs ou la caméra, toujours fixe pour certains films ou toujours en mouvement, ça passe le temps… 65 films à son actif…

« Le Pigeon », questions, réponses

Quand MM propose Vittorio Gassman, les producteurs tiquent, c’est un acteur de théâtre Shakespearien, trop sérieux, il n’est pas crédible en comique. MM qui le connaît dans la vie comme un homme drôle et spirituel, l’impose et lui déforme vaguement le visage, l’afflige d’un bégaiement (il est très beau quand même ! ! !) Dans le film il y a un mélange entre des acteurs professionnels et amateurs, outre Gassman et Mastroiani, dans la bande des quatre, on a deux acteurs dont l’un était garçon de restaurant (Renato Salvatori?), l’autre jongleur des rues. Quand à Claudia Cardinale, c’était une jeune fille tunisienne de 18 ans qui ne parlait pas italien. MM insiste sur le côté artisanal et amical de la confection des films, tout le monde, réalisateurs, acteurs, costumiers, scénaristes, se connaissait, se mélangeait, sortait ensemble, etc… «Nous avons tous grandi ensemble» dit MM, à l’époque, personne n’était plus connu que l’autre.


Scénario, méthode, comment MM travaillait-il ses scénarios à l’époque du «Pigeon» : ils parlait de tout et de rien avec ses scénaristes, des potins, de la vie, et ils travaillaient pendant la dernière heure. Ils définissaient les rôles, les personnages et à chaque personnage une tranche d'histoire. Au bout d’une semaine, ils arrivaient chacun à une sorte de synopsis qu’ils mettaient en commun, même chose la semaine suivante, etc… le tout durait environ 6 à 8 mois.  Avec le directeur de la photo (Gianni Di Venanzo dans «Le Pigeon», il fera aussi «La Nuit» et «L’Eclipse» avec Antonioni) d’abord, parler de tout le film, donner le ton, puis l’emmener sur les repérages déjà effectués auparavant.

Le journal satyrique des débuts et le passage au cinéma

La plupart des réalisateurs de la comédie italienne venaient d’un journal satyrique. Au journal, il y avait des réunions hebdomadaires, on faisait le résumé de la semaine, le point des événements politiques, entre 12 et 15 journalistes, « on a transposé ça au cinéma », dit MM. Pour réaliser « Toto cherche un appartement », au départ, MM écrit le scénario avec d’autres, le réalisateur pourrait être Comencini ou Dino Risi mais ils sont occupés ailleurs. Toto est sous contrat avec le producteur Carlo Ponti, accessoirement le mari de Sophia Loren, qui propose à MM de réaliser le film.

Questions du public

On lui parle de «Brancaleone», un film avec un langage médiéval mâtiné de dialectes napolitain, milanais et méridionnal. A l’époque, fait remarquer MM, les auteurs avaient droit au chapitre plus que les producteurs… MM impose de conserver ce langage «nous irons à la ruine!» répond le producteur mais les enfants comprennent aussitôt le film comme un cartoon. On lui parle aussi de la musique dans ses films, il a travaillé souvent avec les mêmes, toujours l’amitié, Nino Rota et Carlo Rustichelli, par exemple. Les amis, à l’époque, ils étaient tous amis, ensuite, les uns et les autres ont gagné de l’argent et se sont mariés, ils se sont un peu perdus de vue, «le mariage, c’est la mort de l’art!», plaisante MM. Et puis, à l’époque, insiste MM, c’était le plein emploi, une centaine de films par ans, tout le monde avait du travail, les gens pouvaient être généreux sans jalousie. Aujourd’hui, l’esprit de compétition n’est pas compatible avec la durabilité des amitiés… Chaque mercredi ils se retrouvent aujourd’hui encore dans un restaurant de Rome ? Oui, le restaurant est là mais pas les gens, dit MM, enfin 6 ou 7 personnes quand même…

Son dernier film date de 2006 ("Le rose del deserto"), va-t-il encore tourner ? Non, c’est fatigant, et surtout, on pourrait bien se demander «mais qu’est-ce qu’il a à dire encore celui-là à 82 ans?», plaisante MM et puis, il ne veut pas prendre le budget d’un réalisateur plus jeune. Espérons qu'il changera d'avis!






 
 
Rétrospective Mario Monicelli à la cinémathèque du 19 mars au 19 mai,
voir la programmation des films...

Mots-clés : ,


(c) 2007 - CineManiaC

turbine sous Viabloga grâce au thème Clap de Labosonic.

Mentions légales

Contact - Liens - Newsletter