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"My Magic" : la force de la simplicité

Cannes 2008, compétition, Eric Khoo, sortie 5 novembre 2008



07 - 11
2008
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Ce fut une des révélations du festival de Cannes, c'est pour des films comme celui-là qu'on aime le cinéma, superbe, émouvant à pleurer, un tour de force que ce petit film Singapourien tourné en quelques jours avec des moyens minuscules et un acteur (non professionnel) géant à tous les sens du termes. Coup de coeur!!!
 



Un serveur de boite de nuit au dernier degré de l'alcoolisme vit avec son fils qui prend soin de lui et pas l'inverse. Le gamin s'échine à travailler à l'école pour ne pas finir comme son père, vendant des corrigés à ses camarades pour gagner un peu d'argent. Grâce à la prestidigitation qu'il a abandonnée après le départ de sa femme, le père va essayer de se rapprocher de son fils et de gagner mieux sa vie pour lui payer des études. Le colosse magicien, avaleur de feu, fakir, professionnel expert, reprend du service mais tombe sous la coupe de son patron qui le paye cher pour un spectacle un peu particulier : distraire le grand patron en se laissant frapper toujours plus fort jusqu'à la torture physique.



photo Wild Bunch
 

 
Ce sacrifice d'un père, l'âme détruite par la vie, qui ne possède qu'un don, la magie, et va recommencer à exister aux yeux de son fils en redevenant le magicien, est un drame sec bouleversant. Au fil du récit, le fils voit rentrer son père, ses chemises tâchées de sang, des rouleaux de billets dans la main. Si le film débute en tragicomédie, la seconde partie est un mélodrame poignant. Ces coups de téléphone factices (il n'a pas payé la note) que le père passe à son épouse disparue serrent le coeur. Ces tours de magie que le père apprend à son fils, ces timides repas partagés, depuis longtemps, les rôles sont inversés, le fils fait fonction de père pour le père, mais le colosse va mourir dans une dernière ligne droite sacrificielle pour offrir enfin à son fils une image de père. La fin est un peu naïve mais ça passe, le film est si fort qu'on a besoin, en tant que spectateur, d'un peu de réconfort, aussi.
 
Tourné en huit jours avec un acteur incroyable au physique d'homme des cavernes (Francis Bosco) qui joue un rôle autobiographique, lui-même étant cracheur de feu, interprétant ce colosse inconsolable d'avoir perdu la mère de son fils et avec elle l'univers de la magie car elle était son assistante, ce film simple et modeste frappe fort avec des très petits moyens. Une belle découverte.



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