14 - 10
2007
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Bien que je ne me précipite pas systématiquement sur "le dernier Gus Van Sant" et qu’il m’arrive de passer mon tour, j’aime ce réalisateur depuis "Prête à tout", film avec lequel je l’ai découvert. Mais il semble que depuis "Elephant" le cinéma de Gus Van Sant ait adopté une position auteuriste de plus en plus radicale.
Paranoïd Park est une variante de la fascination de Gus Van Sant pour les ados. Le portrait intime d’un ado inséré dans le portrait géant de Paranoïd park, lieu de prédilection de jeunes skaters de Portland, ville natale du réalisateur.

Bien qu’elle s’inspire d’un fait réel et que le film soit l’adaptation très lâche d’un roman (de Blake Nelson), l’intrigue filiforme n’intéresse pas grand monde ni lui (Gus VS) ni nous, elle sert de motif autour duquel s’enroulent les séquences plus qu’elles ne se déroulent.
Un ado au bord de la mer écrit des notes sur un cahier… Les ennuis ont commencé un soir où Alex et Jared, son meilleur ami, décident d’aller faire du skate à Paranoïd Park, lieu violent et mal famé, squatté par une sorte de communauté de loubards, skaters virtuoses vivant en autarcie. Quand son copain Jared lui demande si il est prêt à aller là-bas, Alex répond que personne n’est jamais prêt à aller à Paranoïd park.
C’est cette nuit-là qu’on retrouve un agent de sécurité le corps coupé en deux sur une voie ferrée près du skatepark. La police interroge alors tous les férus de skate du lycée dont Alex à qui le drame semble alors revenir en mémoire…
Dans le rôle de l’oncle d’Alex entraperçu (on ne voit quasiment pas la famille), Christopher Doyle, chef opérateur de Wong Kar Wai qui a travaillé avec Gus Van Sant pour ce film. Cela explique-t-il le tropisme pour les ralentis ? On a une image surexposée, blanchie, déformée parfois, avec des cadrages alambiqués, de nombreux ralentis pour les scènes de skate surtout. La BO est éclectique et omniprésente, du punk au rap et au folk (beaucoup de musiciens originaires de Portland), en passant même par Nino Rota (musique de "Juliette des esprits" de Fellini).
| Gabriel Nevins | |
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Recrutés sur MySpace, les acteurs ont le physique de tous les ados du monde, filmés au plus près (les visages), jouant sobrement dans un registre introverti par essence (sauf peut-être la petite amie un peu plus expansive). Si on n’est pas polarisé par le sujet du monde adolescent, on a du mal à partager cet envoûtement du réalisateur dont la caméra semble dire qu’il ne s’en lasse pas de les scruter.
Personnellement, j’ai retenu une scène qui est une vraie œuvre d’art isolée, à se demander si le film n’a pas été créé pour enserrer cette scène… Alex sous la douche, un très long plan fixe du visage de profil d’Alex, lavant les souvenirs de Paranoïd Park (sans doute…) Le son monte à plein régime, au bruit de l’eau de la douche devenu assourdissant s’est greffé un bruit d’avion au décollage. Puis Alex est filmé de face, pas longtemps et encore de profil, l’autre… Ce sont des moments de grâce comme celui-là qui forcent le respect pour Gus Van Sant mais le film n’est grand public qu'à cause de la notoriété de son réalisateur. Une obsession (les ados), une ville aimantée (Portland), une idée du cinéma œuvre d’art, une démarche esthétique et non moralisatrice avant tout. A voir pour ceux qui ont aimé les précédent films du réalisateur, car c’est une pièce d’une œuvre qui évolue et s’épure, s’étiole, s’estompe.
Note CinéManiaC :

Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma américain, Cannes 2007, Paranoïd Park, Gus Van Sant































































