15 - 11
2007
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Voilà un film qui ne dérangera personne, politiquement et commercialement correct, deux acteurs au sommet du box-office pour un face à face bien mièvre. Le truand se comporte comme un bon père de famille, le flic comme un voyou, ça, c’est l’idée (bonne mais pas nouvelle) de départ numéro 1, la seconde bonne idée, c’est de retranscrire l’histoire vraie d’un parrain black de la drogue dans les années 70, une ascension qui chatouille la maffia italienne et la French connection. Restait à ne pas trop en faire ni pas assez, pour dénoncer suffisamment les méfaits de la drogue sur «nos chères têtes blondes» sans pour autant gâcher le plaisir du (très) grand public visé de trouver le héros sympa.
Un parrain noir de Harlem, Bumpy Johnson, succombe dans les bras de Frank Lucas (Denzel Washington), son chauffeur et garde du corps. Lucas va alors assurer la relève en marchant pas à pas sur les traces du maître : commerce et discrétion, vivre comme tout le monde en étant comme personne, disait l’autre. Pour casser le marché de la drogue, Lucas va aller s’approvisionner directement en Asie, en pleine guerre du Vietnam, assurant le transport de l’héroïne par les avions militaires. Tous les junkies de NY vont pouvoir alors acheter de la «pure» à 100% pour la moitié du prix de la daube coupée, diluée, que leur revendaient leurs dealers habituels, bien entendu, cette concurrence déloyale vis à vis de la French connection ne pouvait aller sans remous…
Pendant ce temps, une sorte d’inspecteur Colombo, version érotomane, mauvais mari, mauvais père, amant d’à peu près toutes les femmes qu’il croise sur son chemin, va s’opposer à Lucas. A son actif, il a une la sottise de rendre 1 Million de dollars trouvés dans le coffre de la voiture d’un trafiquant, barge ou honnête ? De fil en aiguille, l’inspecteur Roberts (Russel Crowe) va prendre du galon, se voir confier une mission spéciale et des moyens, des hommes, pour démanteler , non seulement le réseau de trafiquants mais aussi la moitié des policiers corrompus de la ville.
| Denzel Washington | |
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| © Paramount Pictures France | Galerie complète sur AlloCiné |
Comme l’on en a pris l’habitude, ou pas… il ne faut pas fatiguer le spectateur, tout comme un peu partout, on a des icônes avec des dessins pour éviter de se prendre la tête à lire une phrase en entier, voire un seul mot, au cinéma US aujourd’hui, on passe au pas se charge d’un plan à l’autre sans se «poser», sans rien expliquer, on coupe les scènes à la hache, exemple, Lucas rencontre sa future épouse, ils échangent trois mots et on zappe, on les retrouve plus tard mari et femme. Et quand on passe trois heures (2h40) à aller d’un plan à un autre, à surfer d’une maquette de scène à une autre, l’effet pervers est qu’on s’ennuie ferme, n’ayant pu concentrer son attention sur rien que déjà le plan suivant a pris le relais, etc… Quelques exceptions cependant, le passage, pas bien long, mais réussi, de la première visite de Lucas en Asie, la jungle, l’eau verdie, le ciel bas, les soldats défoncés dans les bars à hôtesses dont celui du cousin par alliance de Lucas…
S’agissant de la bonne conscience de dénoncer quand même les ravages de la drogue, des scènes sont insérées dans le film comme des pièces jointes au dossier, des scènes bien isolées, assez aseptisées, plans en nombre suffisant de seringues, d’injections, de quelques overdoses filmées gentiment et la scène qui plaît aux journalistes ciné : les jeunes femmes nues qui préparent la drogue dans le labo (nues pour ne pas voler de poudre…)
Côté interprétation, Denzel Washington se contente d’être superbe, pas un grand rôle de composition, c’est sûr, et Russel Crowe est moche comme tout, grassouillet, apathique, c’est le rôle, mais à ce point ?
Bref, le blockbuster de Noël est à point, malgré la grève des transports de mercredi soir, la salle était comble !
Note CinéManiaC :
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Mots-clés : cinéactuel, cinéma américain, American gangster, Ridley Scott

































































