06 - 10
2007
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Non seulement le titre allemand de ce film (Sehnsucht, traduit par Désirs/s) me disait quelque chose mais aussitôt devant l’écran, le personnage principal m’était familier… Ce film était en compétition l’année dernière au festival du cinéma allemand à Paris (2006)… Et justement ce film n’avait pas beaucoup séduit les spectateurs dont j’étais, immergé dans une production, dite nouvelle vague allemande, tellement riche que d’autres lui avaient damé le pion, je pense au superbe "L’Assureur-vie", par exemple.
Je me suis rendu compte hier en allant revoir ce film, par hasard, donc, qu’il gagnait à être vu seul ! ! ! Car ce qui avait rebuté était sans doute ce que d’autres critiques ont considéré comme une qualité : l’approche excessivement documentaire d’une histoire d’amour fou, de possibilités infinies de désirs dont le choix d’une femme aimée vous priverait de l’autre désirée aussi, etc…
Pour commencer, le casting, une fois n’est pas coutume : tous les acteurs sont des amateurs, des trois personnages, le mari, l’épouse et l’amante, aucun n’avait fait de cinéma auparavant et n’en a sans doute pas refait depuis. Markus, jeune serrurier, pompier volontaire dans le film, est interprété par Andreas Müller, mécanicien et aussi pompier dans la vie. Ika Welz (Ella, l’épouse) était infirmière, Anett Dornbusch (Rose) travaillait dans une entreprise de restauration où elle avait eu l’occasion de servir la réalisatrice.
On trouve dans ce casting une volonté de se plonger à la source de la middle-class allemande : un des points communs des cinéastes de cette nouvelle vague allemande, encore appelée l’Ecole de Berlin. Autre point commun : les événements survenant dans le récit sont moins importants que le quotidien des personnages qui les appréhendent. On passe au scanner les petits détails d’une vie ordinaire quotidienne soumise à un événement extraordinaire, voire simplement pertubateur.
| Andreas Müller | |
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| © Bodega Films | Galerie complète sur AlloCiné |
Dans Senhsucht, Markus aime sa femme Ella qui l’adule en retour, peut-être trop... Peiné de laisser son épouse seule pour se rendre à un WE de formation de pompier volontaire, Markus participe modestement à une soirée arrosée entre hommes. Parti se coucher tôt, il se lève à l’aube et tombe par hasard sur Rose, la serveuse de l’hôtel restaurant où loge la compagnie. Persuadé d’avoir passé une nuit sans retour avec cette inconnue de la ville, Markus pense pouvoir rentrer chez lui amnésique de la veille…
Un événement ouvre le film : Markus en tant que pompier sauve la vie d’un accidenté de la route, qui venait de mettre fin volontairement à ses jours avec sa femme… L’homme qu’il vient de sauver voulait mourir auprès de sa bien-aimée… De retour chez lui, il confie ses remords à Ella, son épouse, qui lui fait remarquer que dans Roméo et Juliette c’est la même chose, elle se réveille alors qu’il est mort l’ayant cru morte…
Réduire l’histoire, comme je l’ai lu, à ce que Markus n’ait pas pu supporter d’aimer deux femmes à la fois, n’ait pas pu choisir, submergé de désirs d’être avec une femme quand il est avec l’autre (ce qui n’est pas rien en soi, la quête des possibles excluant le présent devenu invivable, le désir d’un ailleurs vécu comme systématiquement meilleur que le lieu où on se trouve, etc…) , exclut le prologue, cet homme accidenté de la route qu’il sauve quand il voulait se suicider… Car Markus finira par prendre sa place…
Dans tous les cas, le propos du film, terriblement existentiel, est plus facile, si l’on peut dire… que le traitement du film, ostensiblement documentaire, sans artifices à un degré rarement atteint à l’image, filmé au plus près, trop près, pourrait-on objecter, un cinéma anti-séduction avec un parti pris tellement forcé de ne pas séduire que ça confine à l’inverse : ça se remarque... Les coiffures des femmes, jamais coiffées, les visages démaquillés, la figure de la femme de la ville tentatrice dont on chercherait en vain ce qui la distingue des autres femmes, et c’est peut-être ça le message, l’amour est individuel, à l’écran, le spectateur en est exclu…
Distribué dans une seule salle parisienne***, qui plus est une salle n’acceptant pas les Pass cinéma, la carrière de Sehnsucht, film aride et sans le moindre apprêt, sans la moindre concession à l’audimat, risque fort de demeurer à la porte des critiques de la presse enthousiaste. Son appartenance à la nouvelle vague allemande n’étant pas contestée, il y a beaucoup d’autres films de cette tendance plus abordables et nettement plus agréables à voir … Et bientôt le festival du cinéma allemand à Paris (10/16 octobre 2007) nous en donnera l’occasion…
Notons au passage la sortie prochaine en coffret DVD des deux premiers films de Christoph Hochhaüsler, réalisateur que j’apprécie particulièrement, "Le Bois Lacté" et "L’Imposteur".
Note CinéManiaC :


Malgré le désagrément de payer 8 Euros quand on possède les deux Pass illimités, une belle récompense attendait le spectateur au ***cinéma d'art et d'essai Saint André des Arts : un court-métrage brésilien de Gil Alkabetz (pourtant présenté dans les festivals comme une production allemande), film émouvant, drôle et brillant, un enchantement triste que je vous recommende vivement : deux perroquets, désespérés de voir leur maître endormi avec leur boite d’aliments pour perroquets à portée du regard, vont tout tenter pour le réveiller… Malheureusement, en reproduisant tous les bruitages des souvenirs amoureux de leur maître dont les photos souvenir tapissent les murs, il vont lui révéler un fatal secret… Voir un extrait...
Mots-clés : Cinéactuel, cinéma allemand, Sehnsucht, Désirs, Valeska Grisebach, CinéCourt, cinéma brésilien, Morir de amor, Gil Alkabetz



























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