11 - 11
2007
-

C’était le film préféré d’Hitchcock, c’est sans doute un de ses films les plus fascinants, l’antichambre de "Psychose"… Personnellement, j’avais raté ce chef d’œuvre, quelle chance de découvrir cette merveille…
Deux Charlie rêvent rêvent allongés sur leurs lits. Cauchemar éveillé de l’oncle Charlie à New York quand sa logeuse lui annonce que deux hommes le recherchent, mais, sur le point d’accepter son destin, il finit par s’enfuir. Rêve d’un autre destin de la jeune Charlie à Santa Rosa, petite ville américaine où il ne se passe jamais rien. Partie pour la poste appeler son oncle Charlie au secours, la jeune Charlie apprend qu’il vient d’annoncer son arrivée chez eux. La famille Newton est le prototype du foyer middle classe américain des années 40 : le père employé de banque, la mère, épouse accomplie, trois enfants presque parfaits. Ce qui est frappant à Santa Rosa, c’est que tout le monde connaît tout le monde, comme autrefois dans les villes de province, le policier au carrefour, la bibliothécaire, le directeur de la banque, tout le monde appelle Charlie par son prénom.
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L’arrivée de l’oncle Charlie provoque une liesse incontrôlée chez les femmes : sa sœur, épouse modèle, se souvient de leur enfance, un domaine privé dont les deux parlent à mots couverts, ce qui crée une ambiance de secret. A mi-film, la mère finira par livrer une clé : l’oncle Charlie a changé du jour au lendemain après un terrible accident survenu dans leur enfance, son vélo ayant heurté un tramway… Touchante innocence, crédulité absolue, non pas de la fille mais de la mère, la sœur de Charlie… On n’en saura pas plus sinon l’essentiel, déjà le tropisme d’H pour la psychanalyse, tout se passe dans l’enfance et l’oncle Charlie a des excuses… Car H aime son héros, il me met en valeur, rarement dans un thriller, on n’est à ce point du côté du méchant, souhaitant presque qu’il se débarrasse de la gêneuse qu’est devenue sa nièce Charlie…
Deux Charlie rêvent rêvent allongés sur leurs lits. Cauchemar éveillé de l’oncle Charlie à New York quand sa logeuse lui annonce que deux hommes le recherchent, mais, sur le point d’accepter son destin, il finit par s’enfuir. Rêve d’un autre destin de la jeune Charlie à Santa Rosa, petite ville américaine où il ne se passe jamais rien. Partie pour la poste appeler son oncle Charlie au secours, la jeune Charlie apprend qu’il vient d’annoncer son arrivée chez eux. La famille Newton est le prototype du foyer middle classe américain des années 40 : le père employé de banque, la mère, épouse accomplie, trois enfants presque parfaits. Ce qui est frappant à Santa Rosa, c’est que tout le monde connaît tout le monde, comme autrefois dans les villes de province, le policier au carrefour, la bibliothécaire, le directeur de la banque, tout le monde appelle Charlie par son prénom.
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L’arrivée de l’oncle Charlie provoque une liesse incontrôlée chez les femmes : sa sœur, épouse modèle, se souvient de leur enfance, un domaine privé dont les deux parlent à mots couverts, ce qui crée une ambiance de secret. A mi-film, la mère finira par livrer une clé : l’oncle Charlie a changé du jour au lendemain après un terrible accident survenu dans leur enfance, son vélo ayant heurté un tramway… Touchante innocence, crédulité absolue, non pas de la fille mais de la mère, la sœur de Charlie… On n’en saura pas plus sinon l’essentiel, déjà le tropisme d’H pour la psychanalyse, tout se passe dans l’enfance et l’oncle Charlie a des excuses… Car H aime son héros, il me met en valeur, rarement dans un thriller, on n’est à ce point du côté du méchant, souhaitant presque qu’il se débarrasse de la gêneuse qu’est devenue sa nièce Charlie…

Mais revenons au récit. Charlie, la nièce, comprend rapidement que l’oncle Charlie cache quelque chose, surtout quand il arrache des pages du journal du jour, le premier indice étant la distribution à la famille de cadeaux beaucoup trop somptueux : une montre pour son beau-frère et une émeraude pour sa nièce qui remarque immédiatement des initiales, gravés à l’intérieur de la bague, qui ne sont pas les siens. Le second indice est cet air qu’à Charlie dans la tête qui n’est d’autre que «La Veuve joyeuse» et que l’oncle Charlie prétend être «Le Beau Danube bleu». Quand deux policiers en civil arrivent en ville, ils cherchent un assassin de riches veuves dans tout le pays pour lequel ils ont deux suspects possibles : l’oncle Charlie et un autre homme. La problème, c’est que la police ne possède pas de photo de l’assassin. Déguisés en agents de recensement, les policiers infiltrent la maison des Newton. Mais l’oncle Charlie refuse d’être pris en photo, il réclame la pellicule de l’appareil photo du policier. Seule une photo de lui enfant est en possession de sa sœur qu’elle l’a donnée à sa fille. Une photo de lui avant son accident d’enfance, avant la naissance d’une personnalité monstrueuse, réactionnelle…

Si Charlie, la nièce, entretenait avec l’oncle Charlie des relations passionnées, presque amoureuses, ambiguïté entretenue par l’oncle qui ne rate pas une occasion de l’étreindre, lui passant la bague au doigt, par exemple, quand il offre l’émeraude, lui envoyant des robes de New York, cette adoration inconditionnelle va être tuée net par la révélation d’un des deux policiers de leur supiscion sur son oncle : faisant la relation entre le tueur des veuves recherché par la police et l’article du journal déchiré, à présent, l'oie blanche Charlie ne peut plus nier la réalité. La répulsion a fait place à l’attraction et Charlie n’a plus qu’une idée en tête, que son oncle quitte leur maison et la ville, n’osant pas le dénoncer pour ne pas bouleverser sa mère. Car l’oncle Charlie, dans sa folie, a sous-estimé l’horreur que ses crimes pouvaient inspirer à sa nièce, alors, il va commettre une erreur, à moins qu’il ne recherche l’impossible, sa complicité, son approbation : l’oncle ne va pas nier quand la jeune fille l’interroge, pire, il va lui demander de l’aide, et cet aveu va le condamner à être obligé de la tuer, elle, sa meilleure part. Car, au fond, l’oncle Charlie ne doute pas du silence de sa nièce, c’est son regard sur lui qu’il ne supporte plus. La mécanique se grippe, Charlie, la nièce, glisse dans l’escalier, manque de s’asphyxier dans le garage…
Non seulement, le Charlie bicéphale, représentant le bien et le mal, a disparu avec la révélation du policier mais le policier est tombé amoureux de la jeune fille qui, elle, quitte ses oripeaux de jeune fille virginale et rêveuse pour devenir une femme lucide. Hitchcock met les point sur les i depuis le départ : les deux héros portent le même prénom : Charlie, la nièce, représentant la part de lumière de l’oncle Charlie, enfoui dans un sombre dessein d’éliminer ces femmes grasses et vieilles qui s’empiffrent avec l’argent de leur mari mort, les veuves joyeuses (au passage, les crimes de l'oncle Charlie sont ceux d'un psychopathe se considérant plus comme une sorte de justicier de la morale que comme un gigolo prédateur dépouillant et tuant ses proies). Le réalisateur marque caricaturalement la différence entre les deux hommes qu’aime Charlie (Teresa Wright), son oncle (superbe Joseph Cotten), charismatique, machiavélique, séducteur, dont les gros plans sur le visage accusent les changements brutaux de physionomie, Docteur Jekyll ou Mr Hyde, et le policier, l’amoureux niais, qui déclare sa flamme platoniquement dans le garage.
La fin, tour de force, est un faux happy-end, l’oncle et la nièce se retrouvent fiévreusement enlacés sur le marche-pied d’un train, suspendus dans le vide, dernier instant de passion avant la mort… Le fameux postulat d’Hitchcock n’a jamais trouvé de meilleur exemple : filmer les scènes de crimes comme des scènes d’amour. Tout est rentré dans l’ordre, socialement parlant, la petite ville peut prendre sa vie aseptisée où il ne se passe rien.

Note CinéManiaC :
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Mots-clés : Cinéfilmnoir, cinéma américain, Shadow of a doubt, L'Ombre d'un doute, Alfred Hitchcock






























































