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"The Sand piper" ("Le Chevalier des sables") + notes sur "The V.I.P.'s" : une mégère apprivoisée...

Vincente Minelli (1965)



28 - 07
2007
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C’est un film délicieusement démodé tant il est daté avec une esquisse, voire une caricature, des communautés hippies de la côte ouest des USA à la fin des années 60, dont on dirait aujourd’hui qu’ils sont babas, avec les utopies de liberté, de vie sans tabous et le retour à la nature.

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Laura Reynolds, artiste peintre et mère célibataire, vit dans une cabane isolée sur la plage avec son fils de 9 ans qu’elle élève comme un petit sauvage. En prise avec le juge des enfants pour avoir tué un cerf pour le plaisir, ayant mal assimilé les leçons maternelles, le gamin est envoyé en pension au grand désarroi de sa mère qui lui faisait réciter par coeur les contes de Canterbury au lieu de l’envoyer à l’école. Le fils de Laura va disparaître très rapidement de cette histoire ayant un seul objectif : mettre en présence et en valeur le couple explosif Taylor/Burton. Car le directeur de l’école, le docteur Edward Hewitt, où est envoyé en pension le fils de Laura/Liz Taylor, n’est d’autre que Richard Burton himself.

Entre cette femme ultra-séduisante, qui a plus peur de l’amour que des hommes et du sexe, et cet éclésiastique, époux modèle et homme de bien, qui, lui, craint le contraire, la rencontre est électrique. On ne doute pas une minute que la passion aura raison de la raison mais le scénario paresseux ôte pas mal de crédibilité à l’évolution de ces rapports transgressifs. Du jour au lendemain, le révérend Hewitt est quasiment installé chez la belle Laura, son épouse fidèle (Eva Marie-Saint dans un rôle incroyablement terne), reléguée à la paroisse, étant gommée du tableau ou rarement présente. On note la présence de Charles Bronson débutant dans l’emploi du sculpteur amant de Laura, parmi tant d’autres, et faisant partie de la petite bande de pseudo hippies pratiquant l’amour libre. Scène hot où le révérend Hewitt attiré par la maison de Laura comme par un aimant la surprend chez elle posant nue pour Bronson, Liz Taylor assise avec sa poitrine opulente (naturelle!) débordant de ses petites mains, une simple culotte blanche sur peau très hâlée.

Les tenues de Liz Taylor sont un festival de couleurs vives, sur fond de plage idyllique, surtout des camaïeux de violet, virant ensuite symboliquement au rouge, voire jaune, criard. On connaît le mythe Taylor qui aurait été censée avoir les yeux mauves… Vincente Minelli s’est donc équipé d’un vestiaire mauve, tenue monocolore jupe et pull violet pour la première rencontre Taylor/Burton, pantalon kaki/pull mauve moulant ou chemise ouverte sur SG assorti, et on passera ensuite à un rouge trash beaucoup moins seyant pour la passion consentie… On ne va pas chercher midi à 14 heures pour les lieux : soit la maison de Laura dominant la plage à Ben Sur (Californie) ou la plage idyllique elle-même, décor naturellement photogénique, soit le bureau du révérend Hewitt, le fils de Laura étant amené au début du film dans une chambre très luxueuse peu probable pour un pensionnat religieux.

Si la première partie du film est très plaisante à regarder, la seconde partie, démarrant après la première nuit d’amour entre les deux monstres sacrés, est assez rébarbative avec des bla-blas d'une grande banalité sur le sens de la vie, l’amour, le mariage, des auto-analyses des personnages qui n’en finissent plus de se raconter les uns aux autres ce qu’ils ressentent au moment précis où ils font les choses. Cependant, on ne se lasse pas d’admirer le couple mythique, même si Burton ne semble pas s’amuser beaucoup dans un rôle trop étroit pour son talent et si Liz Taylor, trop bluffée par son partenaire (elle l’épousera deux fois), minaude plus souvent qu’à son tour. Mais à Liz Taylor, la Maggie de "La Chatte sur un toit brûlant"*, la Catherine de "Soudain l’été dernier"*, la Leonora de " Reflets dans un œil d’or"* ou celle de "Cérémonie secrète"*, etc…, on peut bien tout pardonner…


* Liz Taylor, mythe et rôles mythiques...


"La Chatte sur un toit brûlant" ("Cat on a hot tin roof") (1958) de Richard Brooks, d’après le roman de Tennessee Williams, avec Liz Taylor et Paul Newman

"Soudain l’été dernier" ("suddenly, last summer") (1959) de Joseph Manckewicz, d'après le roman de Tennessee Williams, avec Liz Taylor et Montgomery Clift

"Reflets dans un œil d’or" ("Reflections in a golden eye") (1967) de John Huston, d’après le roman de Carson Mac Cullers, avec Liz Taylor et Marlon Brando"

"Cérémonie secrète" ("Secret ceremony") (1968) de Joseph Losey avec Liz Taylor et Mia Farrow Lire ma critique du film...

+
Notes sur un autre film du couple Taylor/Burton, tourné en 1963 "The V.I.P.'s" ("Hôtel international") d'Anthony Asquith



Dans la salle d'attente VIP d'un aéroport de Londres, un groupe de passagers attend un avion qui ne décolle pas à cause du brouillard. Chaque personnage, archétype d’une catégorie sociale caricaturée, va jouer pendant cette nuit d’attente sa vie amoureuse ou professionnelle . L’actrice idiote veut un rôle à tout prix, le réalisateur génial fuit pour ne pas payer ses impôts, l’homme d’affaires au bord de la faillite ignore qu'il est aimé de sa secrétaire, le milliardaire (Richard Burton) perd sa femme infidèle (Liz Taylor) pour un gigolo français (Louis Jourdan), la grosse duchesse ruinée voudrait bien financer l'entretien de sa maison, etc... Cette frileuse et sage machine US sixties, prétexte à réunir le célèbre couple de monstres sacrés, aligne donc une affiche prestigieuse, avec, outre, Richard Burton et Liz Taylor, également un casting international avec notamment Elsa Martinelli et Louis Jourdan, etc... pour ne pas en tirer grand chose…

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Note : 2.8/5 (4 notes)



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