26 - 09
2007
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Un photographe français qui sillonne l’orient, à la recherche de sensations extrêmes, croise la route d’un homme amnésique qu’il emmène avec lui dans ses pérégrinations. Un peu comme dans "Profession reporter" d’Antonioni auquel à la fois le style et le thème du film font référence, le photographe va essayer de s'approprier, voire prendre la place de l'inconnu.
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1985, un homme laisse tomber un poignard à ses pieds. 20 ans plus tard, cet homme est arrêté pour avoir suivi une femme dans des toilettes publiques, inconnue avec qui il avait partagé fiévreusement un taxi. Un photographe, surpris en train de mitrailler la scène, est emmené aussi au poste de police. Premier contact avec un Orient qui ne cesse de renvoyer le photographe français aux mœurs occidentales : on n’est pas en France, ici, on ne suit pas les femmes… Thomas, le photographe, engage alors de façon plus ou moins formelle Fouad, l’homme amnésique, à une fonction vague d’assistant, de traducteur. L’hôtelier, choqué, tique de louer une seule chambre à deux hommes, il finira par les chasser de l’hôtel quand ils reviendront avec une femme. Car le photographe, doublement voyeur, cherche des femmes et encore des femmes à étreindre et photographier, lui-même ou par l’homme amnésique interposé.
Le photographe érotomane enregistre tout, pendant ses étreintes avec des prostituées ou des femmes de passage, il les photographie, interrompant sans cesse les gestes du plaisir par des tentatives de rétention du temps. L’homme amnésique a la démarche inverse, il a oublié, il refuse les souvenirs. Film sur la fuite de la mémoire, celle qu’on cherche à retenir, celle qu’on refuse, la seconde partie du film étant malheureusement plus rationnelle avec une tentative de réparation, l’épouse poignardée 20 ans auparavant par l’homme amnésique faisant irruption dans le récit. Film sur la quête d’identité qui fait un peu penser à "Nocturne indien" d’Alain Corneau où un homme parti au bout du monde à la recherche d’un ami disparu va se retrouver lui-même : jamais apaisé par sa quête sans fin de sensations, Thomas va être fasciné par la vie d’un autre homme faite de deuil et d’oubli. A moins que le photographe hypermnésique et l’homme amnésique ne soient deux possibilités d’un homme…
La réalisatrice a la grâce, ses images sont sublimes mais elle est avant tout une cinéaste de la sensation, la démarche Antonionienne se sensualise. On voit rarement des scènes aussi sensuelles au cinéma bien qu’on pourrait reprocher à Danielle Arbid d’avoir édulcoré la violence du photographe avec les femmes (présentée plutôt comme un certaine brusquerie) au profit de l’esthétique. Pourtant Melvil Poupaud, que je vois ici dans son meilleur rôle, a intégré cette violence sourde dans son regard opaque de voyeur mentalement dans un ailleurs, belle interprétation.
Sûrement un des plus beaux films de la rentrée.
Backstage
Le personnage de Thomas Koré est fortement inspiré par les errances
photographiques d’Antoine d’Agata qui a été consultant au scénario de
Danielle Arbid (notes MK2)
Note CinéManiaC : 5/5*
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Mots-clés : cinéactuel, Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2007, cinéma libanais, Un Homme perdu, Danielle Arbid





























































