22 - 06
2008
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Oshima, la trilogie de la jeunesse : Film 1 : "Une Ville d'amour et espoir"

Premier film de Nagisa Oshima qu'il réalise dans le cadre des studios Shochiku, il en tournera quatre : "Une Ville d'amour et d'espoir" (1959), "Contes cruels de la jeunesse" (1960), "L'Enterrement du soleil" (1960) et "Nuit et brouillard au Japon" (1960). Comme Kijû Yoshida, qui débute un an après lui dans les mêmes studios Shochiku avec "Bon à rien" (très inspiré de Godard), Oshima et Yoshida étant considérés comme les premiers cinéastes de la nouvelle vague japonaise, les deux réalisateurs quitteront rapidement les studios pour être indépendants et tourner des films à faible budget, le prix de la liberté.

photo éditions Carlotta
Depuis la mort de son père, Masao, à la demande de sa mère malade, obligée d'abandonner fréquemment son modeste emploi de cireuse de chaussures des rues, tente d'aider sa famille à se nourrir en vendant des pigeons. Comme les pigeons reviennent toujours au nid, Masao les revend plusieurs fois... A chaque vente de pigeon, sa petite soeur handicapée se désespère de leur départ et passe son temps à dessiner des animaux morts. Cette petite escroquerie pour survivre va gâcher toute la vie de Masao...
Bon élève en classe, sa mère et son institutrice le poussent à faire des études et aller au lycée pour échapper à sa condition sociale. Mais la rencontre avec Kyoto, jeune fille riche dont le père est cadre dans une grande entreprise va changer le cours des choses. Tandis que sa mère s'y oppose, préférant que Masao fasse des études, l'institutrice se laisse convaincre de l'inscrire au concours de recrutement de l'entreprise. Pour compliquer les choses, l'institutrice noue une relation amoureuse avec le grand frère de Kyoto, travaillant également dans l'entreprise, pensant qu'il va soutenir lui aussi son élève. Malheureusement, l'adolescent va voir son dossier de candidature rejeté pour mauvaise moralité.
Malgré l'évidente bonne volonté des gens aisés qui veulent l'aider, comme l'institutrice et Kyoto, la jeune fille qui l'a pris en affection, voire son frère amoureux de l'institutrice, aucun n'est capable de comprendre le degré de misère dans lequel vivent Masao et sa famille. Les visites de l'institutrice et de Kyoto dans ce logement où Masao et sa famille ne possèdent qu'un seul matelas pour trois, où la mère tousse, alitée, la petite soeur diminuée mentalement, ne suffisent pas à excuser l'entorse à la morale de la société de cette misérable combine des pigeons. Les deux femmes choquées tentent de se remettre en question et vont alors agir de façon stupide et cruelle pour faire un geste inutile vers Masao, voire de la part de Kyoto, un geste assassin censé le protéger mais le privant de ses pauvres ressources potentielles. Le constat est simple, révolté et désespéré : il n'y a aucune issue pour les plus démunis...
Si ce premier film est plutôt académique sur la forme, le sujet, politique par le constat de l'état économique du Japon après la guerre, est d'une étonnante noirceur et d'un pessimisme sans appel. Dans le livret qui accompagne le coffret DVD, on lit une déclaration d'Oshima : "... dans mes films, aucun personnage n'est sauvé ni ne veut l'être..." Autre phrase qui clôt une interview qu'il donne à Charles Tesson pour les "Cahiers du cinéma " en 2000, alors qu'il ne tourne plus depuis 1999, malade, atteint de paralysie, "... faire de l'art ne m'intéresse pas, autrefois, je pensais que le cinéma pouvait contribuer à changer la mentalité des gens. Aujourd'hui, j'aimerais pouvoir continuer à le croire..."
Bon élève en classe, sa mère et son institutrice le poussent à faire des études et aller au lycée pour échapper à sa condition sociale. Mais la rencontre avec Kyoto, jeune fille riche dont le père est cadre dans une grande entreprise va changer le cours des choses. Tandis que sa mère s'y oppose, préférant que Masao fasse des études, l'institutrice se laisse convaincre de l'inscrire au concours de recrutement de l'entreprise. Pour compliquer les choses, l'institutrice noue une relation amoureuse avec le grand frère de Kyoto, travaillant également dans l'entreprise, pensant qu'il va soutenir lui aussi son élève. Malheureusement, l'adolescent va voir son dossier de candidature rejeté pour mauvaise moralité.
Malgré l'évidente bonne volonté des gens aisés qui veulent l'aider, comme l'institutrice et Kyoto, la jeune fille qui l'a pris en affection, voire son frère amoureux de l'institutrice, aucun n'est capable de comprendre le degré de misère dans lequel vivent Masao et sa famille. Les visites de l'institutrice et de Kyoto dans ce logement où Masao et sa famille ne possèdent qu'un seul matelas pour trois, où la mère tousse, alitée, la petite soeur diminuée mentalement, ne suffisent pas à excuser l'entorse à la morale de la société de cette misérable combine des pigeons. Les deux femmes choquées tentent de se remettre en question et vont alors agir de façon stupide et cruelle pour faire un geste inutile vers Masao, voire de la part de Kyoto, un geste assassin censé le protéger mais le privant de ses pauvres ressources potentielles. Le constat est simple, révolté et désespéré : il n'y a aucune issue pour les plus démunis...
Si ce premier film est plutôt académique sur la forme, le sujet, politique par le constat de l'état économique du Japon après la guerre, est d'une étonnante noirceur et d'un pessimisme sans appel. Dans le livret qui accompagne le coffret DVD, on lit une déclaration d'Oshima : "... dans mes films, aucun personnage n'est sauvé ni ne veut l'être..." Autre phrase qui clôt une interview qu'il donne à Charles Tesson pour les "Cahiers du cinéma " en 2000, alors qu'il ne tourne plus depuis 1999, malade, atteint de paralysie, "... faire de l'art ne m'intéresse pas, autrefois, je pensais que le cinéma pouvait contribuer à changer la mentalité des gens. Aujourd'hui, j'aimerais pouvoir continuer à le croire..."
Bonus du DVD 1 avec le film "Une Ville d'amour et d'espoir" : un film tourné et commenté par Oshima lui-même en 1994 "100 ans de cinéma japonais" et un court-métrage tourné la même année : "Les Soleils de demain" (1959).
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Mots-clés : CinéDVD, Cinéculte, cinéma asiatique, Nagisa Oshima, Une Ville d'amour et d'espoir, cinéma japonais été 2008



























Commentaires
Je l'ai vu il y a longtemps déjà ce film. Je le trouve sublime, j'en garde en grand souvenir. Je le reverrais avec plaisir. La trilogie de la jeunesse est a mes yeux assez inégale sinon. Ce qui ne m'empechera pas de choper le coffret dvd ;)
Benoît - 26.06.08 à 01:23 - # - Répondre -
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Oshima après Yoshida, on est gâté, je poursuis mon "visionnage" des films avec délices... PS. Je suis très ennuyée car je ne peux pas mettre de commentaire sur ton blog car je ne suis pas inscrite, aussi, j'écris ici combien je suis d'accord avec toi pour ton article sur "Valse avec Bachir" tellement au dessus du lot à Cannes, Sean Penn que j'aime tant par ailleurs s'est trompé ou s'est laissé influencer... @+
vierasouto - 26.06.08 à 14:33 - # - Répondre -