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"A Woman' secret" ("Secret de femme") : la blonde et lui

Nicholas Ray, 1949



17 - 01
2008
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Le second film de Nicholas Ray, après le relatif insuccès commercial du culte "Les Amants de la nuit", est un polar de femmes, ainsi présenté. D’après certaines sources, ce fut un film de commande qui n’emballait pas le futur réalisateur de "La Fureur de vivre" mais il y trouva une passion, une éphémère épouse : Gloria Grahame, une des deux femmes de ce  secret…



Gloria Grahame


La célèbre chanteuse Estrellita (Gloria Grahame) revient du studio d’enregistrement visiblement contrariée. Elle annonce à une femme brune qu’elle arrête sa carrière. Cette femme (Maureen O’Hara) manifeste alors de la colère, filmée le visage déformé par le dépit, comme si elle venait d’être plaquée. Elle se précipite dans la chambre où vient de s’enfermer Estrellita, trop tard, un coup de feu vient de claquer, on trouve la chanteuse inanimée sur le sol. Aussitôt, Marion Washburn appelle une ambulance, puis la police pour s’accuser du meurtre. Première erreur, la chanteuse n’est pas morte, disparition du drame. Seconde erreur qui va définitivement priver le film de toute crédibilité : Marion Washburn n’est plus cette femme furieuse et possessive entraperçue dans la première scène avec Estrellita. Le personnage de Marion devient lisse, dévitalisé, animé de bonnes intentions quand elle est censée théoriquement  haïr sa rivale...

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photo éditions Montparnasse

Ce qui frappe dans "A Woman’secret" ("Secret de femme"), c’est le manque de psychologie des personnages, je ne veux pas dire par là qu’il y a un parti pris d’absence de psychologie, ce qui serait une manière tout à fait légitime d’aborder le récit, mais que les comportements des deux femmes sonnent faux. Peut-on croire un instant aux relations entre ces deux femmes ? Dommage car le terrain se prêtait à tant de sentiments et interactions troubles et vénéneux propres aux films noirs et on n’en a traité aucun.

Par flash-back multiples un peu brouillons, on remonte à la genèse de la rencontre entre les deux femmes : Marion W, chanteuse qui a perdu sa voix, fait la connaissance de Susan Cadwell, jeune femme séduisante et futile, possédant un petit talent de chanteuse, qu’elle transformera en Estrellita, pour briller par procuration à sa place, on imagine… Car on s’en tiendra là, Marion semblant accepter la situation avec quelques vagues (bien raisonnables) de jalousie... Quant au suspense, déjà considérablement érodé par la guérison d’Estrellita, il conduira à une  conclusion téléphonée.


Maureen O' Hara

De ce film, on retiendra des portraits de femmes isolés, presque juxtaposés, la torride Gloria Grahame qu’on retrouvera dans des films noirs cultes comme "Règlements de comptes" de Fritz Lang , filmée ici avec beaucoup de douceur, Maureen O Hara, découverte dans "L’Auberge de la Jamaïque" d’Hitchcock, plus brune et sage que rousse et flamboyante, et de ce "Secret de femme", à moins de faire preuve d’une imagination débordante pour pallier mentalement les carences du scénario, on ne saura pas grand chose… Un scénario concocté par Herman Mankiewicz (frère du réalisateur) qu’on avait connu plus inspiré dans "Citizen Kane". La découverte des films oubliés est toujours excitante, on espère dénicher des merveilles, mais il arrive, comme ici, qu’il y ait des raisons à leur mise au placard… Pour les inconditionnels de Nicholas Ray qui veulent tout voir du réalisateur, ce film a évidemment une valeur documentaire.



            




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